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Ninomiya Kazunari d'ARASHI : interview d'un Johnny's à Paris pour la Saint-Valentin 2007

Un "Johnny’s" à Paris… La nouvelle a fait grand bruit dans la communauté, mettant en effervescence les fans françaises. Rien à voir avec le VRP d’Optic 2000, Johnny’s Entertainment est une société de production japonaise spécialisée dans la formation de talento masculins appelés… "Johnny’s", ces garçons à la fois chanteurs, comédiens, animateurs télé… Ninomiya Kazunari est l’un de ces jeunes gens, membre du très populaire boysband ARASHI. Chanteur donc, mais pas seulement, comme la plupart de ses collègues, Ninomiya joue dans des séries télé, du comique Stand Up!! à d’autres dramas plus profonds comme Yasashii jikan, traitant des relations père-fils au fin fond de l'Hokkaido, ou Sukoshi wa, ongaeshi ga dekitakana parlant d’un jeune garçon atteint d'un cancer. Il interprète aussi différents rôles dans quelques longs métrages et joue notamment du Shakespeare au théâtre. Ces multiples expériences aux approches variées ont démontré le potentiel de Ninomiya Kazunari, potentiel international puisque que Clint Eastwood l’a intégré avec succès au casting de son nouveau film Lettres d'Iwo Jima. C’est pour en assurer la promotion en France que Ninomiya est venu à Paris après un détour par la Berlinale 2007.

Le seul fait que le minet du boysband ARASHI Ninomiya Kazunari tienne l'un des premiers rôles d’un film de guerre ambitieux réalisé par Clint Eastwood avait fait, l’année dernière, de nombreux sceptiques. Il s’agit en effet d’un film sérieux, le récit de la bataille d’Iwo Jima, événement décisif de la guerre du Pacifique qui s’est livrée quarante jours durant lors de l’hiver 1945 entre l’armée impériale nipponne, en mode suicidaire, et l’armée US, cent fois plus nombreuse et puissante. Voilà donc Ninomiya enrôlé dans l’Histoire, interprétant Saigo, soldat junior boulanger à la ville, conscient qu’il vit ses derniers jours puisque la reddition n’est pas une option et la mort un honneur ; conscient, mais pas super emballé.

Mais alors, comment un jeune talento habitué jusque-là à sautiller sur scène ou à jouer dans des dramas faits maison allait s’intégrer dans un tel tableau, peint par un tel artisan du cinéma, qui a fait jouer les plus grands ? A cette question, la réponse était pourtant simple : on ne sait jamais ! Avec Iwo Jima, on ne savait pas, on ne faisait que penser, et la surprise a été de taille : Ninomiya, sous la caméra d’Eastwood, ne "crève" non pas l’écran, puisque ce n’est pas le personnage, mais sonne admirablement vrai, et donne vie à un témoin de l’histoire, anti-héros particulièrement attachant dans sa détermination à survivre sans perdre son humanité, tour à tour comique amer puis au bord d’un gouffre noir creusé par la grande Histoire. Tout bien réfléchi, on nourrissait le même scepticisme au sujet de The Rock et Justin Timberlake avant de voir le chef d’œuvre de Richard Kelly Southland Tales.



Après avoir présenté Lettres d'Iwo Jima au Festival International du Film de Berlin, Ninomiya Kazunari et le reste de l’équipe du film, amenés par Clint Eastwood, gagnent Paris. En ce 14 février 2007 après-midi, déjà poursuivi par quelques admiratrices, Nino rejoint l’un des prestigieux hôtels de la capitale française pour une conférence de presse d’une demi-heure, suite à laquelle nous avons pu l‘interviewer. Pendant ce temps, des dizaines de fans rejoignent l’UGC Normandie sur les Champs-Élysées (où aura lieu la projection du film en avant-première le soir même) dans l’espoir de voir le sourire du jeune Japonais. Et elles ne seront pas déçues, même si seuls les médias pourront l'approcher au plus près et l'interroger un instant.

Alexandre Martinazzo et Eric Oudelet




L’interview de Ninomiya Kazunari :

Orient-Extrême : Comment avez-vous été sélectionné pour ce rôle ? Avez-vous avez été appelé ou êtes-vous passé par la voie des castings ?

Ninomiya Kazunari : Jouer dans un tel film n’était pas un souhait en particulier, j’ai tout simplement répondu à un appel d’offre. Une audition a suivi, et Monsieur Eastwood m’a sélectionné après avoir visionné une petite séquence qui y a été enregistrée. Il m’a alors attribué mon rôle.

Orient-Extrême : Vous travaillez habituellement sur le marché nippon : votre groupe ARASHI, votre rôle d’acteur dans des dramas… Participer à un projet cinématographique international dirigé par un Américain a du être une expérience nouvelle. Qu’en retenez-vous ?

Ninomiya Kazunari : Lettres d’Iwo Jima m’a permis de travailler en terrain inconnu, c’était une expérience très intéressante et enrichissante pour moi. Je me suis également senti investi d’une responsabilité autre que celle que je peux endosser dans les activités que je mène d’habitude au Japon.



Orient-Extrême : Qu’est-ce qui différencie votre jeu dans Lettres d’Iwo Jima des autres projets auxquels vous participez ?

Ninomiya Kazunari : La grande différence, c’est que les réalisateurs de dramas nous dictent tout ce que nous devons faire. Nous n’avons plus qu’à exécuter les consignes. En ce qui concerne le film, le réalisateur n’a pas donné de directions précises. Il s’agissait davantage d’élaborer les situations instinctivement avec les autres acteurs.

Orient-Extrême : Faire la promotion du film à l’international, d’un drama dans votre pays (Haikei, Chichiue-sama), du dernier film d’ARASHI (Kiiroi Namida qui sort au printemps) et d’un single d’ARASHI (Love so sweet, opening d’Hanadan 2, qui sort le 21 février)… C’est un emploi du temps chargé…

Ninomiya Kazunari : Pour Haikei, Chichiue-sama, Kiiroi Namida ou le single Love so sweet, c’est une routine. Je n’ai pas particulièrement de difficulté pour gérer mon planning, ce sont des activités bien rôdées. Le tournage de Lettres d’Iwo Jima a été pour moi une sorte de récompense : j’ai pu travailler non seulement avec Monsieur Eastwood, mais aussi avec d’autres comédiens et techniciens américains. En fait, l’équipe américano-japonaise qui a créé ce film a permis de refermer une blessure que s’étaient communément infligés les deux pays. C’est un grand pas en avant.

Orient-Extrême : Dans votre dernier drama, Haikei, Chichiue-sama, vous tombez amoureux d’une Française… un peu Japonaise… [NDLR : une actrice japonaise joue le rôle d’une Française]. Maintenant que vous êtes à Paris, comment trouvez-vous les vraies filles françaises ? Le drama vous a-t-il suffisamment entraîner à parler notre langue et en tirer profit dans notre capitale ?...

Ninomiya Kazunari, amusé de la précision des sujets : C’est fabuleux. J’ai découvert les Françaises en arrivant chez vous et elles me paraissent toutes si mignonnes… Peut-être est-ce mon goût personnel qui me fait dire ça, je ne sais pas… En tout cas, en me promenant dans la rue, je ne rencontre que de jolies filles.
Dans le drama Haikei, Chichiue-sama, j’incarne en effet un gars qui voudrait embrasser une Française. Il a fallu que je répète "je peux t'embrasser ?" un nombre incalculable de fois. Mon professeur de français rigolait bien pendant les répétitions et les cours. Mon apprentissage est donc très limité.



Orient-Extrême : Votre groupe ARASHI mais aussi KAT-TUN, kanjani8 et NEWS ont de plus en plus de fans en Europe. Vous jouez dans des dramas qui sont sous-titrés en anglais voire en français par vos fans… Êtes-vous au courant de cette situation ?

Ninomiya Kazunari, éberlué et agréablement surpris par ces informations : C’est la première fois que j’entends parler de ce phénomène par rapport à la musique japonaise et aux groupes cités, et j’en suis ravi. En fait, KAT-TUN a été formé avant notre groupe, ARASHI. C’est le groupe aîné. Kanjani8 et NEWS se sont constitués pratiquement en même temps que nous. Ce sont un peu des compagnons de guerre. ARASHI a donc été formé il y a huit ans, et trois ans après, on commençait déjà à parler de notre envie de faire des concerts en dehors du Japon, quelque part dans un pays européen. Comme nous avons cette ambition, je suis donc ravi de savoir qu’on aime notre groupe en Europe, et que d’autres comme NEWS ou Kanjani8 sont aussi connus !

Orient-Extrême : Vous faîtes des shows dans de très grandes salles comme le Tokyo Dome (des dizaines de milliers de spectateurs). Comme vous avez évidemment beaucoup moins de fans en France qu’au Japon, seriez-vous tout de même prêts à vous produire chez nous dans de petites salles de mille personnes, voire moins ?

Ninomiya Kazunari, une nouvelle fois surpris, puis songeur : La taille de la salle n’a aucune importance pour nous. Je préfèrerais même chanter dans une salle de 500 places ! Au Japon, j’ignore si nous cinq avons le pouvoir suffisant pour toucher les spectateurs les plus éloignés, au fond de ces immenses salles. A titre d’expérience, on aimerait bien commencer par une petite salle. Encore une fois, ce n’est pas la taille qui compte !

Orient-Extrême : OK, on vous attend.

Ninomiya Kazunari : hahaha, merci beaucoup !




Interview réalisée par Alice Barthélemy
Remerciement : WARNER BROS
Toute reproduction de l’interview et/ou des photos est strictement interdite.

Le site officiel de Lettres d’Iwo Jima : www.lettresdiwojima-lefilm.com
Le site officiel de Johnny’s Entertainment : www.johnnys-entertainment.co.jp
La critique du film :
www.orient-extreme.net/index.php?menu=cinema&sub=critiques&article=328
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