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Wu Yue Tian (Mayday) en concert au Zénith de Paris le 23 février 2014 : live report

L'événement rock asiatique de cet hiver en France se déroulait le 23 février 2014 : Wu Yue Tian (Mayday) était de retour à Paris pour un concert au Zénith dans le cadre de sa gigantesque tournée mondiale NOWHERE aux 2,48 millions de spectateurs. Superstar en Asie et actif depuis plus de 15 ans, le groupe de rock inspiré par les Beatles et Mr.Children, réputé pour ses ballades et couronné à plusieurs reprises aux Golden Melody Awards, était le premier en provenance de Taiwan à oser une si grande salle (5700 places assises) dans notre pays. Un test grandeur nature et un pari fou après le résultat mitigé de la chanteuse Jolin Tsai au Trianon en 2013, mais un show merveilleux qui a tenu toutes ses promesses et qui rivalisait à sa façon avec ceux de L'Arc~en~Ciel, son "homologue" japonais.

Depuis quelques années, dans l'ombre des très médiatisés concerts coréens et japonais, les stars chinoises et taïwanaises viennent se produire dans de grandes salles londoniennes. La communauté asiatique locale, nombreuse, répond présente et on se demandait s'il en serait de même ailleurs en Europe, et plus particulièrement à Paris où les très belles Taiwan Music Night n'ont jamais dépassé les 1000 spectateurs. Wu Yue Tian y avait d'ailleurs joué en 2012, dans l'intimiste Divan du Monde, mais le groupe avait à cœur de montrer ce dont il était capable en offrant, chez nous aussi, un grand show comme Asie, quitte à choisir une salle démesurée, indispensable pour déployer de gros moyens scénographiques, pour époustoufler les fans et porter haut les couleurs de Taiwan. D'abord programmé à Bercy, le quintet s'est finalement contenté de la seconde plus grande salle parisienne, le Zénith, rempli à hauteur de 3.000 places environ. Parmi les spectateurs à 98% d'origine asiatique se trouvaient des personnalités comme l'ambassadeur Michel Lu, sûrement très fier d'assister à ce premier coup d'éclat musical de toute beauté.




Beau, le concert de Mayday l'était assurément par ses jeux de lumière chatoyants, ses animations et sa retransmission vidéo live sur écrans géants, ainsi que par sa forêt de lightsticks colorés en fosse et dans les gradins, aux changements de couleur synchronisés car commandés à distance. La presse en avait eu un aperçu quelques jours plus tôt en assistant à la projection 3D de l'impressionnant film de la tournée dans un cinéma parisien. On retrouvait toute la magie de cette projection à Paris, certes sans les installations mécaniques du stade de Pékin à 100.000 spectateurs (soldout en trois minutes), mais avec le même sous-titrage intégral des chansons en mandarin et en français (ici sur les grands écrans de part et d'autre de la scène) pour apprécier de textes tantôt émouvants, tantôt engagés... Une véritable valeur ajoutée compte tenu de la profondeur des paroles. Dommage que les nombreux petits discours disséminés durant les deux heures du show n'aient pas bénéficié de traduction simultanée pour les rares non-sinophones.




Wu Yue Tian a pioché dans sa longue discographie la plupart de ses meilleurs titres - à retrouver sur la compilation the Best of Mayday 1999-2013 - pour établir une setlist de rêve qui a fait voyager le public. Embarqué sur l'arche de Mayday, il chavirait de bonheur et reprenait en chœur la quasi-totalité des chansons quand il ne sautait pas ou n'agitait pas frénétiquement ses lightsticks. Vendu à seulement 8 euros pièce contre 25 la plupart du temps chez les Coréens, on le retrouvait dans presque toutes les mains et il devenait, par son nombre, un acteur principal du show. C'était la mer étincelante qui portait l'Arche de Noé, thème cher à Wu Yue Tian, occasionnellement arrosée d'un déluge de confettis ou de serpentins.



En dehors de quelques solos de guitare et des quelques excursions des artistes sur les petits prosceniums disposés à chaque extrémité de la scène, ASHIN et sa bande (sans oublier les choristes et les musiciens d'appoint) ne se mettaient pas spécialement en valeur. Point de gestuelle exagérément démonstrative, pas d'attitude de poseur et assez rarement un bras levé même pour le vocaliste ; il ne fallait pas s'attendre à de l'action et la configuration entièrement assise du Zénith était en corrélation avec le style posé de Wu Yue Tian. Le groupe laissait la vedette à sa musique, à ses textes, à la poésie et à la magie qui animaient la salle et la coupaient du reste du monde. Le temps s'arrêtait et on laissait son esprit s'évader dans le flot de magnifiques ballades telles que Tu Ran Hao Xiang Ni, Xing Kong, Ru Yan ou encore Gan Bei, toutes interprétées avec une justesse fort appréciable. A peine se plaignait-on d'une sono un peu forte. Un poignée de titres plus énergiques comme OAOA permettaient heureusement aux fans de se défouler, des fans par ailleurs très passionnés et qui n'hésitaient pas à abandonner leur siège pour se ruer dans les allées et contre la barrière devant la scène, créant ainsi un joyeux bazar qui n'était pas sans rappeler Dio à JAPAN EXPO en 2007. C'est durant ces titres rock qu'on aurait aimé voir le groupe se lâcher un peu plus.




Poétique, émouvant, superbe par ses jeux de lumière et ses animations, impressionnant par son ambiance et par les chœurs des milliers de fans, Wu Yue Tian au Zénith de Paris était l'un des ces grands concerts asiatiques qui laissent de merveilleux souvenirs et qui comptent, en particulier pour Taiwan qui signait ici son premier grand show de prestige après une longue série de nuits musicales de qualité. Pour Mayday, le pari du remplissage était perdu d'avance et le déficit financier probablement abyssal, mais Taiwan impressionne par sa motivation, la qualité de ses artistes et sa volonté de les faire briller dans des événements très soignés. Il faudra encore persévérer et intensifier la communication francophone pour combler le retard sur le Japon et la Corée. Encore une fois, on vous incite à suivre avec la plus grande attention les prochains événements et à oser la découverte. Au concert de Mayday, tout le monde est ressorti subjugué et, bonne nouvelle, ASHIN a déjà évoqué un retour car "ce n'était pas assez".


Eric Oudelet




>> Voir le compte rendu de la conférence de presse de Wu Yue Tian (Mayday) à Paris




Photos par Eric Oudelet et Julie Carvalho
Remerciements : Live Nation, Bin Music, Groupal Project Planning, Orientouch Entertainment et le Bureau de Représentation de Taipei en France
Reproduction / réutilisation des photos et / ou du compte rendu strictement interdite.










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