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[DVD Z2 - Blu-ray] Coffret GUNBUSTER vs DIEBUSTER

Disponible en DVD zone 2 et Blu-ray aux éditions Beez

A l’occasion de noël, l’éditeur Beez livre dans un double-coffret la version "abrégée" de ce que l’on pourrait appeler la "saga"
Gunbuster, composée des six épisodes de la série réalisés en 1988, et des six réalisés en 2006 à l’occasion des vingt ans des mythologiques studios Gainax, sous le titre international de Gunbuster 2 - Diebuster. Version abrégée parce qu’il s’agit là des "films" de chacune des deux séries, qui ne sont rien d’autre qu’un remontage de 3 heures de show en 1h30, soit un raccourci mercantile des plus catastrophiques artistiquement, rappelant les "films" de la série Ghost In The Shell (1). Parce qu’elle ne cautionne pas ce type remontages, le présente critique va se concentrer sur les "versions originales". Et plus spécialement sur l'une d'entre elles.  


Effectivement, l’on pourrait appeler "saga" l’assemblage des deux opus, à la condition d’un abus un peu cynique de langage, si seulement Diebuster était autre chose qu’une antipathique démonstration de la rareté des grands shows. Mais nous reviendrons en fin d'article sur cette suite indigne ; avant cela, zoom sur les six épisodes qui tutoient les grands titres de l'animation, et qui demeureront à jamais les seuls Gunbuster

Dans un futur proche, l’Homme parti à la conquête de l’espace se confronte à une race extraterrestre particulièrement belliqueuse. Une première bataille, historique, décime les rangs humains. Six ans plus tard, la fille du commandant d’un des vaisseaux qui y ont péri, Noriko, s’engage dans une toute nouvelle branche de l’armée, destinée à former ses soldats pour la défense de l’humanité. Pour devenir une vraie combattante de l’espace et ainsi venger son père, elle est prête à surmonter sa timidité naturelle et son manque de confiance en elle. La bienveillance du charismatique coach de sa section (énorme Wakamoto Norio, qui sera plus tard la voix de Vicious dans Cowboy Bebop), un rescapé de la première bataille, ainsi que son amitié avec sa "grande soeur" Azumi, pilote d’élite des robots géants qui leur permettront de se battre, l’aideront à surmonter toutes les épreuves. Qu’en sera-t-il de celle du sacrifice, nécessaire lorsque l’humanité aura gaspillé toutes ses munitions ?


Ceci n’est pas une blague

Quel fiel cynique n’a-t-on pas bavé sur Gunbuster et ses casseroles gentiment ringardes ? Un désuet objet d’adoration pour irréductibles otakus puristes qui ne se seraient pas remis de la fin des années 80…
Le premier épisode de l’anime est une parodie explicite, mais réservée aux initiés, des séries sportives de l'époque, et surtout de l'anime de tennis Aim to the ace (Ace wo nerae), la référence est d’ailleurs pafaitement explicite dans le titre japonais de l’épisode : "Toppu wo nerae" (Aim to the top). Exposé brutalement à la vue du gringo, le spectacle a de quoi dérouter : ses méchas-majorettes qui font des pompes ou gémissent sur un ton d’adolescente émoustillée, ses futures combattantes de l’espace se livrant à des intrigues de cour de collège, son recyclage des pires clichés de l’époque (pop bruyante, bôgosse à ray-ban, rire machiavélique de la vilaine camarade jalouse, etc.) sont autant d’éléments voués à décrédibiliser d’entrée de jeu le potentiel dramatique auquel un tel titre doit prétendre. Cerises sur le gâteau,  les tenues légères des "étudiantes" (maillots comme uniformes et décolletés généreux), tout comme la "fameuse" scène du bain de l’épisode 2, illustrent un fan-service pépère qui ne laisse rien augurer de bon (2). Malgré la remarquable qualité de son animation et de son score, un des plus inspirés de la japanimation (de Vangelis à Brahms), l’"enfance" de Gunbuster tend un sérieux bâton à l’amateur blasé. On retrouve même un premier degré suicidaire – s’alliant mal à la parodie, et un pathos facile rappelant les moins bons films de Spielberg, du deuxième Indiana Jones à Hook

On craint vite que vendue avec ces arguments, l'histoire du canard boiteux qui s’émancipe héroïquement, filon riche mais fatigué, ne manque plus seulement d’originalité. Il importe ceci dit de replacer Gunbuster dans son contexte. Certes, les scènes de transformation des méchas sont, dans la veine de ce qui se faisait à l’époque, soit d’un kitsch borderline. De la même façon, les situations convenues, que Gunbuster enchaine comme autant des clichés précités, pourraient inciter à la critique. Seulement lorsque l’anime est l’initiateur même d’une partie de ces futurs "clichés", les juger hors du contexte devient malhonnête. Leur approche radicalement graphique rappelle le caractère pionnier de l’anime, en tant que première réelle célébration d’un genre encore jeune à l’époque.


Le naïf magnifique

Il est sûr que faire cohabiter un récit de guerre universelle avec les états d’âme d’une adolescente pleurnicheuse était un pari risqué si l’on ne se contentait pas de viser un public de midinettes… et si l’on traitait la (lourde) tâche à la légère. Le pari a été tenu et la tâche sérieusement investie, si bien qu’à défaut d’avoir pris la voie d’un tout-parodique un peu vain (le premier épisode suffisait), il en découle un premier degré qui s'avère vite la condition sine qua non pour apprécier Gunbuster, objet audiovisuel peu enclin à la demi-mesure.

Le postulat de départ, traité au premier degré, prête fatalement une sorte de brillante naïveté à l’anime, qui n’est autre que celle de Noriko, dont le récit épouse le point de vue, sauf rares digressions, comme dans E.T. pour rester chez Spielberg. Gunbuster est donc naïf et romantique. Mais le déconsidérer en raison de sa naïveté reviendrait à critiquer, par exemple, La Reine Margot de Patrice Chéreau sous prétexte que sa violence est trop picturale, alors que c’est précisément ça, l’idée. La naïveté est une composante essentielle de l’émotion qui y est générée.

Le romantisme est général. Ce n’est pas qu’une question d’amourettes juvéniles. D’abord, d’un point de vue strictement dramaturgique, Gunbuster ne se démarque pas de la culture feuilletonesque japonaise, friande en relations complexes, parfois tragiques et inattendues entre les personnages : le coach de Noriko n’est autre que le dernier homme à avoir vu son père avant que ce dernier ne meure héroïquement ; Azumi voue audit coach un amour destiné à une tragédie attendue… Ensuite, on peut le voir comme un anti-Planetes (3) : l'espace n'y est pas traité dans un souci de réalisme, mais plutôt comme un champ dramatique exclusivement voué au spectaculaire du fond et de la forme, épique. A l'approche socio-réaliste et adulte des Ailes d’Honnéamise (4) est privilégié un symbolisme qui excuse toute simplification, du b.a.-ba de l’espace au postulat de base improbable selon lequel des gamines peuvent être recrutées pour défendre l’humanité.



Néanmoins, Gunbuster étant une conception à 100% otaku et le produit d’une époque où le préformaté n’avait pas encore remplacé la cogitation passionnée (Akira venait de sortir), il se devait de traiter l’univers infini avec l’intérêt minutieux caractéristique de l’otaku légendaire. L'approche n'est certes pas celle d'un amateur de hard-science, mais celle d'un scénariste malin adaptant du mieux qu’il peut son goût pour les récits héroïco-tragiques au cadre spatial. Ainsi on est agréablement surpris par l’usage de la théorie du "Warping" et d’une poignée d’autres détails qui ne dénotent aucune connaissance du sujet, mais une curiosité studieuse tout à fait bienvenue. Le prologue de l’épisode 3, cours express de physique quantique sur fond de karaoké alcoolisé, sert même un des grands thèmes de la série, ce "dévoreur de temps" que constitue l’espace… ainsi que l’émancipation progressive d’un réalisateur encore méconnu.


Anno santo

Qu’est devenu Gunbuster avec le temps ? Une œuvre culte ; culte comme son générique d'ouverture, comme son catch-eye (5), comme l’étincelle dans les ray-bans du coach… Accorder une telle importance à ces détails ne peut s’expliquer que dans le caractère unique d’un spectacle transcendé par son auteur incorruptible, catégorique : Anno Hideaki. Qu’attendre de la première réalisation de celui qui, dix ans plus tard, se fera canoniser suite à la conflagration Evangelion, sinon la promesse de cet état de grâce, électrisée ça et là par son  génie barbotteur ?

Gainax, on le sait, fut la première maison de production fondée par et pour des otakus. La liberté qu’elle en tira lui permettra de mettre aussi au monde, dans les années 90, le carton Nadia, le secret de l’eau bleu, et de laisser faire à Anno, son enfant terrible, une des séries animées les plus brillantes et personnelles qui soient, le free-style Kare Kano ("Entre elle et lui" en VF), avant de traverser des années de bérézina (Mahoromatic, He’s my master…) correspondant au départ du fils prodigue. Il s’agit d’un show appelant donc à la nostalgie, un trip diablement charismatique de fan, bricolé contre vents et marées, porté de bout en bout par l’inertie de la passion.



La passion de son réalisateur pour l’outil cinématographique, et celle qu’il partage avec son coscénariste pour la direction unilatérale de son histoire, extraordinairement cohérente à partir de son second tiers. Gunbuster n’est pas character-driven (6) : la logique de ses personnages ne dicte pas le cours du récit pour le meilleur et pour le pire. Sans pour autant être dénigrés (ils sont bidimensionnels mais brossés avec une affection communicative), ces derniers sont plutôt au service de la célébration hyperbolique de deux choses : le pouvoir de la volonté, et le courage solitaire qu’exige le sacrifice. Consacrée essentiellement à cette direction fanatique, la réalisation d’Anno passe progressivement d’efficace exécution de yes-man à acteur central, vampirique, orchestre de son chef qui se serait approprié les âmes de tous ses employés.

Au-delà de l’envolée narrative vers les cimes du space opera qu’il marque de façon brillante et inattendue (via un découpage de scènes de bataille spatiale d’une grande efficacité), le dernier tiers de Gunbuster constitue de facto une sorte d’apothéose. Les plans décoratifs préfigurent les œuvres à venir du maestro ; ayant saisi, contrairement à beaucoup de ses confrères, obsédés par l’intérieur du cadre, l’importance d’un montage dynamique et contrasté, Anno pose les bases de son "art", servant la puissance dramatique du spectacle en l’espace de quelques séquences au lyrisme bouleversant, comme celle où Noriko apprend de la bouche du coach Ôta la menace qui pèse sur l’humanité. Le dernier épisode, réalisé à un stade où la production avait vidé toutes les caisses, est un brillant modèle de ce que les contraintes peuvent occasionner sur la créativité. Anno en avait déjà donné un aperçu lors de la première bataille spatiale, dans l’épisode 3, confiant la narration de l’évolution du combat à la seule voix du personnage de Smith, plutôt qu’en le montrant directement. Sur la fin, les passages témoignant le plus du manque de moyen (la narration de la bataille ultime en successions de planches ; le Gunbuster dans le coeur du vaisseau Jupiter), plutôt que de causer du tort à l'anime, transcendent le travail effectué.  

La richesse de la bande originale de Tanaka Kôhei, qui permet à Anno, mélomane, de ne pas user les cordes du même thème sur ses nombreuses scènes musicales, participe au pouvoir de séduction irrésistible et immédiat de Gunbuster, le réalisateur se permettant, un peu à la manière de Russel Mulcahy sur Highlander, de faire de son film une sorte de virtuose clip géant. Par la force de son orchestration, le dernier "coup de canon" du Gunbuster, en mode économie, constitue un plan résumant à lui-seul la puissance romanesque de l'animation.


"Miracle… c’est un mot que Dieu a inventé, pour nous, à cet instant précis."

Une œuvre culte n’est pas nécessairement parfaite. Quand bien même la perfection se trouverait dans la cohérence d’une œuvre intégralement pensée par un seul et même taré, cette cohérence ne se trouverait pas dans Gunbuster, hydre dégénéré, produit schizophrène du désir de succès d’un jeune studio ambitieux, et du désir d’expression d’un réalisateur qui avait beaucoup de choses à dire. Ceci étant, son inégalité surligne en rouge ce qu’il a d’exceptionnel. Aussi se permet-on de qualifier le sixième et dernier segment, fondu dans un noir & blanc joliment contrasté, et formaté scope, de modèle de réalisation, et de chef d’œuvre du genre. Le character design, lui-même à la fois épuré et parvenu à maturité, exprime merveilleusement le passage à l’âge adulte du personnage d’Azumi, la "grande sœur". Le nombre de coupes au montage, supérieur à la moyenne, donne corps à l'univers du récit, à la fois harmonieux et chaotique, et donne ses secondes de gloire au moindre personnage secondaire, exprimant dans quelques cadrages monumentaux, gros plans léoniens, le premier degré immersif de la déclaration d’amour à l’animation et au septième art en général livré par Anno.

Mais si Gunbuster laisse K.-O., c’est parce qu’il est au final un brillant essai sur le temps, qui à la fois détruit forcément tout (la relativité avalant quarante années terriennes tandis que Noriko n’en verra passer qu’une, s’isolant toujours plus à chaque voyage…), et ne vainc cependant pas le lien qui unit les êtres (thème obsessif au Japon), ni le travail collectif de mémoire. Dans un océan de happy ou dramatic ends convenus, les dernières minutes de la série, qui succèdent à un climax fabuleux mais prévisible, font figure d’OVNI : le message positif qu’elles portent, peut-être l’un des plus simplement définitifs du cinéma, envoyé en pleine poire et en un temps record (car sa simplicité le lui accorde), rend inoubliable son dernier plan, à la magie presque vétuste, et fait reconsidérer l’intégralité d’une série qui a construit, en tout juste six épisodes, un monde ouvert et cohérent jusqu’à la dernière minute. C’est le tour de force de sa conclusion, peut-être la seule vraie fin réussie que le studio Gainax ait su donner à ses productions. Peut-être pas une coïncidence.


Pour finir : die !, Buster, die !...

Débarque alors Diebuster. Il y a deux façons de concevoir cet opus "moderne". La première, comme la suite de Gunbuster, ce qui n’est pas très bon pour son business puisqu’il ne lui arrive pas à la cheville. La seconde, le voir plus comme une sorte d’anime tout à fait à part, vaguement inspiré de Gunbuster, ce qui semble alors plus sage. Mais comme ses petits camarades sur le grill d’un spectateur un minimum rôdé, il n’évitera pas pour autant la comparaison avec ce qui se faisait avant. De mieux. De pas encore parasité par 40 000 références et clichés obligés (petits animaux kawaii qui parlent, etc.). Diebuster part donc mal, puisque malheureusement, son titre original ne laisse aucune place au doute : Gunbuster s’appelait "Toppu wo nerae !" ; Diebuster s’appelle "Toppu wo nerae ! 2". CQFD, et bon voyage vers les cimes de la nullité otako-fétichiste.

Si Gunbuster n’était pas exempt de kitscheries neuneus typiques de son époque, Diebuster lui se bâfre à tous les râteliers d’un préformatage bon ton, et ouvert à un merchandising upgradé. Ça commence avec la voix insupportable de son héroïne, ses cheveux roses et son prénom régressif (Nono…), régressif comme le "–nya" qui finit toutes les répliques d’une "guerrière" pédo-sexy ; ça continue avec un chat qui parle (une révolution dans le monde de l’animation), un robot appelé "dix-neuf" (dans le japonais) parce que ça fait bien (sic !)… Le fan-service rutile, et atteint avec Diebuster les limites du bon goût : si l’on se contentait de trouver amusants les maillots de bain et quelques décolletés plongeants du premier opus, on a un peu de mal à voir ce qu’apporte ici le look de "maid" de l’héroïne, sinon la satisfaction libidineuse du spectateur pervers. L’âge moyen des personnages a pareillement chuté : dans le rôle de la sempai (7), on passe de la grande et mature Azumi à une sorte de garçon manqué au teint hâlé et aux formes de collégienne. Des années 80 aux années 2000, le show rappelle malheureusement, à travers une réplique crétine de l’héroïne, que l’on est passé du kawaii au "moe" (8).



Si encore Diebuster avait eu la bonne idée de feindre l’ignorance de son prédécesseur, la douleur aurait été supportable ; or il se trouve qu’il fait exactement l’inverse, en réutilisant sans la moindre vigueur quelques thèmes musicaux du premier opus (piteux sacrilège à la clef), les apposant machinalement sur les scènes où l’on parle de choses en "buster", et où apparait fatalement une faune de nouveaux robots-hommages réalisés dans une 3d fatalement minable – les méchas de Gunbuster étaient peut-être kitschs, mais dénotaient une bien moindre soumission aux "règles" du style et de ses effets que ceux de Diebuster, surmontés d'yeux et de capes confinant au spectacle pour école primaire. Peut-être est-ce une explication ?

Face à spectacle dotée d'une certaine ambition formelle (les jeux de couleur sont jolis ; la 3d, lorsqu'elle n'est pas trop voyante, bien intégrée dans le décor 2d ; etc.), mais dénué du moindre fond, et qui se veut plus une parodie aux accents de "foutage de gueule" qu'autre chose, on peut se complaire à suivre ce festival inepte de n’importe quoi comme une variante de Gunbuster version FLCL (ou Furikuri), la fameuse série d'OAV délirants produite par le studio en 2000. Ceux qui ont aimé cet OVNI de la Gainax seront moins difficiles, malgré le fait que Diebuster est bien moins amusant puisque son scénario doit suivre une certaine direction. Un des éléments caractéristiques de cet "air connu" est le nom donné au genre de guerriers que veut devenir Nono : les "topless". Prétendu ressort comique : la candide Nono faisant l’erreur de prendre le terme "topless" au sens littéral, elle se découvre les mini-miches lors de son combat contre une sale bestiole. Problème : l’appellation "topless" n’ayant aucune justification, le jeu de mot n’a rien d’un jeu de mot. Et alors, à quelques rares exceptions, le spectacle n’a rien de drôle. Et alors, au bout de deux épisodes, on préfère arrêter les frais.

Peut-être est-ce là le seul intérêt de la version "film" que Beez sort ce mois-ci : réduire, dans le cas de Diebuster, le supplice de moitié… Mais céder à la facilité de la version courte ne laverait pas le péché de l’actualisation intéressée ; la somme écrasante de travail effectuée par la Gainax pour sortir sa franchise Gunbuster au cinéma (les doubleurs de la première série ont été rappelés pour le nouveau montage !), qualitativement perdue, rappelle qu'un film, une série animée, ce ne sont pas des Lego. Mieux vaut donc se rabattre sur la précédente et très honorable édition DVD de la série Gunbuster sortie il y a deux ans ; et ronger son frein… en attendant qu’Anno, en plein bouclage de boucle sur les films Evangelion, se décide à revenir à la barre, peut-être même à ses amours de jeunesse. Sait-on jamais.


Alexandre Martinazzo


Notes :

(1) L'excellente série Ghost In The Shell - Stand Alone Complex, qui en est à sa troisième saison, a "bénéficié" l'année dernière d'un remontage de ses deux premières saisons en deux films de 2h40, Le Rieur et Les Onze individuels, chacun des films résumant du mieux qu'il pouvait le contenu (déjà complexe) de sa saison (connue pour sa densité exceptionnelle). Au cas où le message ne serait pas encore tout à fait passé, regarder tous les épisodes, c'est VRAIMENT mieux.
(2) En parlant de fan-service et de Ghost In The Shell - SAC, on pense beaucoup au string tout à fait à propos que porte entre un haut et un bas tout à fait décents l'héroïne (le major Kusanagi Motoko). Heureusement, ce petit détail aura disparu dans la 2e saison.
(3) Lien wikipédia vers cette tout aussi excellente série, sorte d'équivalent animé du 2001 de Kubrik en termes de réalisme spatial.
(4) Lien Wikipédia vers le film de Yamaga Hiroyuki, première production cinématographique de la Gainax.
(5) Catch-Eye : littéralement "chose qui attire l'oeil". Dans le cas présent, la répétition, avant et après chaque coupure publiictaire située en milieu d'épisode, de l'animation du titre, tout en sons et lumières. L'idée est de rendre la chose aisément mémorisable, avec un visuel et un gingle simples et efficaces. Celui de Gunbuster est, à ce titre, assez culte. Celui de Diebuster, un hommage raté au premier.
(6) Character-driven : récit dont le cours est en premier lieu basé sur/guidé par (driven) les motivations intimes logiques de ses personnages (characters).
(7) Le suffixe japonais "sempai" s'ajoute au nom d'une personne ayant plus d'expérience que soi ; c'est une marque de respect (de la personne, et de la "hiérarchie" sociale)
(8) Moe : néologisme japonais qui se rapporte au sentiment ou à l'affection fétichiste et à l'attraction sexuelle pour un personnage (souvent féminin, mais pas forcément) d'un anime, d'un manga ou encore d'un jeu vidéo. Dans certains cercles otakus, a supplanté le jadis indétrônable kawaii.

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