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ALTER OEX #04 - Flash de Benjamin, Gangking, Monsieur est servi...

L'expression "l'embarras du choix" revêt toute son importance dans le marché du manga et de l'animation, devenu si florissant qu'il est dorénavant difficile, sinon impossible, de suivre le rythme effréné d’une actualité plus qu’agitée. Mais il y a actualité et actualité : si la ligne éditoriale d’OEx couvre un panel représentatif de la planète manganime avec ses chefs-d’œuvre ET ses ratages, Orient-Extrême continue son exploration, désormais à un rythme mensuel, de ce monde sans pitié rempli de mechas lubriques et d'apprenti-Pikachus, afin de semer ci et là quelques pistes de lectures alternatives, en vous laissant le soin d’en récolter les fruits !

Au programme de ce voyage : aquarelles chinoises, chasse aux elfes, révolution sexuelle et lycéens "espiègles"...



Art book de Benjamin paru chez l'éditeur Xiao Pan

La frimousse d’une jolie fille en couverture, une postface où l’artiste se raconte, et entre les deux une série impressionnante d’illustrations… Xiao Pan porte une nouvelle fois aux nues son auteur fétiche.

Le talent de Benjamin est ainsi mis en valeur par le grand format de l’ouvrage, des textures de papier adaptées et une encre de qualité. Des photos de lui s’intercalent parmi les portraits qu’il a dessinés. "La musique, l’écriture, le dessin. Voilà tout ce qui fait mon bonheur" ; il ne cesse pourtant de douter et de craindre de dévoyer son art. "La création est plus importante que la possession" : si Benjamin connait son bonheur, on peut se demander : "en profite t-il ?". Cette question en suspens se reflète dans ses œuvres où la jeunesse dépeinte, oscillant entre tristesse et euphorie, jamais ne semble sereine.



Flash, ou une flamboyante invitation à la (re)découverte d’un artiste dont on entend de plus en plus parler.

Sabine Soma



Série manga éditée chez Taïfu Comics

"Les elfes, à poil !" Le concept sur lequel est basé ce premier manga de Yagami Yû n’est pas sans faire penser aux désormais célèbres parodies rôlistes du Donjon de Naheulbeuk. Mais ici, point de nain agressant gratuitement ces créatures sylvaines, plutôt des humains envoyés dans un monde parallèle par erreur, et contraints, pour en sortir, de retrouver les fragments d’une formule cachés sous les vêtements des elfes. Tout s’explique…

Guidés par un panda, et se baladant avec un tank, les héros de Ceux qui chassent des elfes évoluent entre le pays des merveilles d’Alice et un mauvais trip sous influence, tant la succession d’historiettes contant autant de rencontres loufoques paraît (très) éloignée de toute réalité. Si l’absurdité revendiquée du titre est bien loin de l’efficacité d’un Hare + Guu, il devient néanmoins bien plus attrayant quand nos héros planent un peu moins haut



Série manga éditée chez Convini

Court (6 tomes) mais intense, Taïmashin, du nom d’un technique ancestrale d’acuponcture permettant de contrôler le paranormal, a tout pour plaire. Sous couvert d’un manichéisme délié avec monotonie façon scénario de série B, la série surprend en brisant à plusieurs reprises la clarté de ce combat entre humains et démons, la ligne de front devenant d’un coup plus floue.

À cette finesse scénaristique s’ajoute l’univers de Kikuchi Hideyuki, à qui l’on doit l’excellent Vampire Hunter D – rien que ça ; à la cruauté du sadisme et l’horreur du gore, s’ajoute la gratuité de viols en tout genre. Des exactions décrites dans un sombre monde post-apocalyptique qui tranche avec le baroque d’un Elfen Lied, mais en a la même force. Le public, averti cela va de soi, ne s’en trouvera que plus ravi, qu’on se le dise !



Série manga éditée chez Taïfu Comics

Taïaut ! Un objectif à atteindre, un triangle amoureux et voilà que Taiyô, héroïne de ce shôjo sportif, se trouve embarquée dans une romance de gymnase cumulant les canons du double genre. Un premier titre de la mangakka Shigematsu Takako qui ne se démarque que par l’univers vitrifié des terrains de basket-ball où les rivalités sportives se mêlent aux rancœurs amoureuses, le tout dans une compétition qui manque, hélas, de rythme dans les deux cas.

Il en reste un manga alimentaire avant tout destiné aux aficionados prépubères de manga à l’eau de rose, les amateurs de titre sportif trouveront quant à eux le cuir du scénario un peu dur à prendre en main. Un tir en trois tomes (pour le moment) pas encore concluant.



Série manga éditée chez Taïfu Comics

La série de 14 tomes commençait pourtant comme un bête ecchi : Tarô, qui vient de perdre sa mère, est hébergé dans le château de son grand-père rempli de soubrettes prêtes à le consoler. Seul homme de la demeure, son grand-père étant parti en vacances, Tarô mène une vie (et connait des déboires) ressemblant étrangement à celle d’un Keitaro de Love Hina.

Mais une bataille de clan va rapidement transformer le calme régnant dans ce château de la Renaissance en un chaos où l’équipée de nos petites soubrettes gothic-lolita se transforme en armada meurtrière. Secoués par ces batailles, les cadavres sortent du placard et révèlent un scénario pas si naïf : des têtes vont (littéralement) tomber, pour faire de ce titre un mélange convenu mais efficace de violence et de sexe.



Série manga éditée chez Taïfu Comics

Gangking ou la vie de bad-boys d’un lycée ZEP de l’archipel. Bien plus loin des repentis coréens de Maffia school que des futurs yakuza en pleine ascension, la bande de Jimmy le tatoué impose sa loi aux résidents du lycée à la mode US : bling-bling et encre sous la peau, coups de poings et jolies nymphos, Jimmy mène sa vie de rebelle et de tatoueur dans un seul but, rejoindre aux USA le héros qui lui a autrefois sauvé la vie.



Amitiés viriles de gang contre système éducatif carcéral… ces sauvageons, qui défendent certaines valeurs au détriment d’autres (viol inclus), se retrouvent en guerre ouverte contre les cadres de leur lycée, soit une belle flopée de corrompus. Un peu facile… le manichéisme grossier ne parvient de fait pas (ou si peu) à faire décoller la série du premier degré et laisse un goût amer au lecteur, perdu entre caricature dénonciatrice et préjugés gratuits. Force ou défaut du manga, ce bouleversement suscitant réflexion s’avère bien moins choc que la polémique récente née du clip Stress du groupe Justice, si bien qu’Orient-Extrême, par mesure de sécurité, se gardera de trancher pour vous !

Revue de Thomas Chibrac

Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême