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DEATH NOTE - la série animée

Disponible dans un 1er coffret zone 2 (épisodes 1-12) aux éditions Kana Home Vidéo

Faire attendre davantage les nombreux fans de l’adaptation télé déjà culte d’un manga culte aurait été malpoli : avril 2008 marque la sortie en DVD, enfin, des douze premiers épisodes de Death Note, la brillante série animée du studio Mad House. Retour sur un phénomène, ses indéniables qualités, son charme irrésistible, et... ses limites. Mais avant tout, pour ceux rares qui ne seraient pas au parfum, un petit rappel du sujet.

"Une morne journée qu’il s’ennuyait dans la vallée, un dieu de la Mort, abruti par la routine, égara le cahier noir avec lequel il travaillait…" Egarer, le mot est faible, c’était un abandon, pour tuer le ronron anesthésiant de sa divine existence. Comme il l’espérait, son lâcher de cahier dans le puits qui menait au monde des humains aboutit vite à un résultat des plus prometteurs : celui qui le trouva en saisit aisément la portée, et décida de s'en servir sans plus attendre, si bien que le dieu partit le rejoindre, pour jouer les maîtres Jedi, et aussi parce qu’il adorait les pommes. An zéro. Son disciple : Yagami Raito, brillant et populaire étudiant que son mépris pour un monde en déliquescence pousse à tuer un peu plus chaque jour, jusqu’à s’attirer l’attention du monde, et de L, mystérieux détective internationalement plébiscité. L, dernier rempart de la Justice, face à Raito, Kirâ (Killer) de son nom donné par la population, main armée de "sa" Justice. Ce ne sont pas les dommages collatéraux qui vont manquer.

Louanges pour un spectacle philharmonique

Besoin de présentations ? Sans nul doute non. Quel autre titre que Death Note pouvait mériter une pareille adaptation ? Plus mémorable best-seller de ces dernières années (le premier tome est paru en 2004) dans la pourtant fertile escarcelle du manga, la création d’Ôbata Takeshi (et de Ôba Tsugumi au scénario, ne l'oublions pas) était une tueuse née, cuisinée par un mangaka auréolé d’un succès public et critique qui n’en finissait plus (Hikaru no Go, 24 tomes, objet d’une adaptation télé comprenant 75 épisodes, et de deux adaptations en jeux vidéo). A quoi reconnait-on un hit ? A la simplicité de son résumé. Que raconte Death Note ? L’histoire d’un brillant et légèrement sociopathe étudiant qui un jour trouve un cahier permettant de tuer les gens en y inscrivant leur nom. N’avait-on pas vu aussi accrocheur, depuis longtemps ? Ajoutez-y des règles, les règles du death note (dans les possibles façons de tuer et les risques inhérents à son utilisation), un opposant de génie, un théâtre des opérations de la taille du monde, et pour finir une immiscions des dieux de la Mort inquiets du bordel qui se passe "en bas" avec leurs cahiers... Vous obtenez un récit épique et sans autre grande limite que celles de son carburant auteur.



Limites sur lesquelles nous reviendrons. Plongé dans la série Death Note, qui s’octroie en plus d’un budget de premier ordre une durée confortable, soit 37x25mn, le spectateur n’a pas franchement le temps ni même l’envie de remarquer ces limites, tant est qu’elles aient une véritable importance pour lui. Parce que le show d’Araki Tetsurô, réalisateur jusque là inconnu, bouscule au même titre que Cowboy Bebop il y a dix ans, ou les productions I.G. récentes (Seirei no moribito ou GITS SAC 2e saison) notre appréhension de la série animée, censée être de moins bonne facture que ce qui se fait au cinéma, ne serait-ce que pour des raisons budgétaires. En cela, on peut comparer l’évolution de la série animée à celle de la fiction télé américaine, bénéficiant des moyens techniques actuels qui permettent de faire très bien à moindre coût.

LA série dont tombera amoureux votre home cinéma

Ainsi l’on ouvre grands les yeux d’étonnement face à la multitude de plans – nulle part sent-on d’économie – brillamment montés (le rythme étant un des points forts de la série), et l’excellente intégration des éléments 3d dans le tout, ajoutés à un chara design d’une redoutable sophistication, et un environnement graphique très développé – la photographie contrastée et fantasque conférant à certains décors urbains une aura mystique évoquant une possible fin du monde sur laquelle nous reviendrons également. Le spectateur est conquis dès le premier épisode, le spectacle est beau, fluide, et évite même la plupart des figures récurrentes dans le monde de la série animée, confortant le studio Mad House (Paprika, Gungrave) dans son statut d’incontournable, statut que la tonitruante série Claymore nous rappelait encore l’année dernière. Doit-on voir un signe dans le fait qu’Araki Tetsurô se soit très bien entendu avec les deux compositeurs de la bande-originale, Hirano Yoshihisa et Taniuchi Hideki ? On constate que, dans l’animation, rares sont les réalisations de bonne facture s’épargnant les services d’un environnement musical digne de ce nom. Manie peut-être issue de la très grande influence qu’on opéré Rintarô et Anno Hideaki dans l’animation des années 80 avec des séries comme Albator ou Gunbuster...



Quoi qu’il en soit, Death Note peut se targuer d’avoir fait l’objet d’un des meilleurs "accompagnements" musicaux : ne regardant pas sur la dépense elle non plus, la BO loue les services d’orchestres entiers, pour jouer ses remarquables morceaux comme le Kyrie, très influencés à la fois par le chant grégorien primitif, et par des grands noms tels Brahms ou Wagner. A côté, "tape" également dans le hard rock (le premier thème l'illustre bien), ou encore dans la musique atmosphérique new wave (voir la piste intitulée Rem). A la démesure d’un récit ayant pour centre la folie humaine des grandeurs, elle sublime le travail graphique en trois notes, et boit son inspiration cinématographique à grandes gorgées – un thème par personnage, leitmotiv du grand Ennio Morricone.

Comme si ça ne suffisait pas, le studio s’est payé les services du grand acteur de Kabuki et de cinéma Nakamura Shidô (Neighbour 13 ; Ima ai ni yukimasu) pour jouer le personnage de Ryûk, le dieu de la Mort joueur. Face à lui jouent le vétéran Yamaguchi Kappei (Ranma ½, ça ne nous rajeunit pas) dans le rôle mémorable de L, et le plus jeune Miyano Mamoru, révélé par le rôle de Kiba dans Wolf’s Rain, et ici consacré. La série étant principalement bavarde, on obtient là certaines des meilleures compositions de seiyû de ces dernières années…  du début jusqu’à la fin, sans qu’elle ne trahisse en aucun endroit le manga d’Ôbata Takeshi, dont l’adaptation est d’une grande fidélité – à l’exception d’une fin un peu abrégée, mais très efficace.

Death Note, série qui aurait mérité une projection en salles ? Peut-être bien. On a là une série qui, dans les faits, dépasse la vague hype qui l’a précédée. La question est : a-t-on pour autant le Neon Genesis Evangelion des années 2000 ?

Maintenant…

Maintenant, se répandre davantage en louanges au sujet d’une série déjà louée par à peu près tout le monde sur la toile n’apporterait pas grand-chose ; aussi OEx se sent-il le devoir de mettre en garde contre une trop grande attente le lecteur qui s’attendrait à communier avec les kamis (ou les shinigamis) (1). C’est sûr, une confédération de forces supérieures semble porter Death Note, et sa prétention, et sa remarquable science de la manipulation et du duel mathématique, et son adaptation présentement critiquée, prise en charge par les meilleurs (chance qui malheureusement ne se reproduira pas avec la cataclysmique version cinéma…). Mais céder à la béatification totale d’un best-seller en puissance n’a jamais été une démarche saine. C’est essentiellement vrai avec Death Note, mécanique lubrifiée qui exige d’être reçue pour ce qu’elle est, à savoir une Rolls Royce d’entertainer très teenage dans la posture, dont les limites pointent, au loin, dès que la série veut "taper" trop haut.

Une appréciation à la merci de la lecture du show que l’on choisira

On l’a compris donc, Death Note, en plus d’être un mélange de série d’enquêtes et de fantastique, est la fusion romantique d’une partie d’échecs et d’une partie de poker : il y a d’un côté les blancs (L, la police…), de l’autre les noirs (Raito, Misa, etc.) ; la plupart des coups peut être mortelle pour chacun des partis (les pauses récréatives étant rares) ; la réflexion en flux continu et soutenu, ainsi qu’un don pour le bluff sont les pièces-maîtresses. La sophistication du face-à-face est l’intérêt premier du spectacle, pour peu que l’on en a compris les tenants et aboutissants. Le jeu du chat et de la souris n’a jamais renié sa part de manipulation sadique !

Le seul ennui, va-t-on dire, tient du fait qu’Ôbata Takeshi, le mangaka jeune patriarche de la saga et ses nombreux monstres bâtards, a visé très haut, là où l’air se raréfie : exit les gamins surdoués de Hikaru no Go, place à un phénomène d’ampleur mondiale (le champ d’action de Kirâ et le culte que lui érige une partie de la population), une enquête internationale (de la police métropolitaine de Tôkyô à Washington en passant par le FBI et le mystique réseau d’enquêteurs de L ), et des enjeux bien réels (les réactions face à cette menace irrationnelle et démesurée).

Des risques que représentent des personnages utilitaires

Or pour viser si haut, il faut, comme d’habitude, en avoir les moyens. Ne pas laisser passer une incohérence ni un trait caricatural dans un récit qui base son principal attrait sur le machiavélisme de son procédé et l’universel de son postulat – et qui n’exclue dont pas la dimension humaine de l’aventure. Et c’est là que Death Note loupe la marche. Les lacunes de développement psychologique de ses personnages conférent à son récit un caractère archétypal et systématique qui, s’il sied aux carreaux noirs et blancs d’une table d’échec, passe ici pour ce qu’il est : du manichéisme économe privilégiant la fluidité et l’enchainement de l’action au sacrifice de personnages réduits de fait à d’efficaces objets utilitaires.



Ainsi est-il difficile de resituer la plupart des personnages secondaires, à l’exception peut-être d’une poignée à l’originalité salutaire (dont le vieux Watari). Le reste pâtit d’un "manque de caractère" tantôt nocif (l’insupportable personnage du gentil flic Matsuda, une Misa à la kawaiiness horripilante), tantôt excusable (le casse-cou Aizawa, dont la suspicion à l’égard de Raito, qui le rend plus intéressant que la moyenne, est réflexion faite la seule chose qui le caractérise en plus de sa coupe Jackson 5). Pourquoi les deux précédents exemples sont deux des policiers à la poursuite de Kirâ ? Parce que l’analyse des personnages "gentils" met toujours plus aisément en lumière les carences d’écriture que celle de personnages "méchants", ces derniers faisant toujours diversion avec un look, une gueule ou des artifices de mise en scène bien pratiques. En accusant notre ignorance de la majorité des good guys, nous ne tirons qu’une conclusion : celle que Death Note s’intéresse bien plus à son concept qu’à ses personnages.

"Ses personnages", et non "ses personnages secondaires", parce qu’en dépit de l’écrasante présence de Raito et de L dans le show, et du fait que les personnages secondaires sont tous des éléments au service de leur face-à-face, le duo de monstres (l’un monstre social, l’autre monstre moral) demeure lui aussi au service du fameux concept. Du moins, L souffre bien moins que Raito de ce problème de développement. L’objet même de son personnage étant le mystère, et sa formation expliquant le fait qu’il n’a pas une vie sociale chargée, on assimile immédiatement sa dimension symbolique. Sans compter qu’en soignant son look, ses tocs et ses dépendances (au sucre…), Ôbata Takeshi a signé là, sans trop en faire, un protagoniste cartoonesque, mais exemplaire.

C’est donc le bad guy qui écope de la lourde peine… Nul procès cette fois-ci du vide de la vie privée du lycéen Raito (on ne sait rien de lui à part sa "perfection" technique), puisque ce vide-là EST ce qui le caractérise, et en fait une incarnation assez jubilatoire de l’idéologue stérilisateur (partant du principe que sa fin, utopique, justifie les moyens, meurtriers). Non, le problème de Raito vient plutôt d'abord de l'influence du death note sur sa mentalité. En effet, partant de l'idée que c'est un personnage parfaitement pourri, sentiment accentué par un magnifique générique de fin centré sur ses yeux rouges – le plaisir sardonique qu’il tire de ses crimes souligne le fait que son entreprise est presque tout autant motivée par des pulsions de mort et un égocentrisme psychopathologiques  que par son soi-disant but ultime – on a du mal à gober le héraut/gendre idéal qu'il "redevient" dès qu'il oublie sciemment le death note. Ce dernier est-il censé altérer la personnalité d’un être humain ? Assurément non. Rendre fou celui qui a déjà tout ce qu’il faut, oui ; faire basculer un personnage intègre et moral dans les tréfonds de la saloperie méphitique, c’est une idée qui a son effet, et insuffle un nouveau souffle au récit, mais en contrepartie trahit le manque de rigueur de son auteur.



Kirâ et Oui-oui au pays des carnets magiques

Par ailleurs, l’autre défaut considérable de Death Note vient de sa profonde naïveté quant au "comment ça marche" sociétal. C'est-à-dire, principalement, de son traitement light du patchwork étourdissant de réactions différentes que provoquerait un tel phénomène, et de sa peinture ultra-light des autorités (compétentes) que représentent les "gentils".

Les limites dont il est question plus haut prennent pour forme première la police métropolitaine de Tôkyô, en charge du cas Kirâ : sa réduction à une poignée d’agents, que l’auteur essaie de faire passer dans une scène assez grotesque (face à une menace de pareille taille, on ne demande pas aux responsables de l’ordre s’ils " veulent bien" rester ; c’est leur devoir). Certes, ce choix ne pose aucun vrai problème d’un point de vue dramaturgique, au contraire (la figure du petit groupe de résistants est avérée), mais fera grincer des dents quiconque s’attend à un peu de réalisme dans un show dont l’objet même est de bouleverser un monde réaliste sur une base fantaisiste. A partir de là, avaler qu’un énergumène comme Kirâ ne puisse s’attirer l’opposition que d’une poignée de braves Nippons ouvre la voie aux autres couleuvres du récit. Parmis elles, on compte le traitement délicat dont fait l’objet Raitô de la part des policiers alors que l’ombre plane sur lui depuis un bail, quelques grossières scènes comme celle de l’assaut par la foule du QG de N, ou encore l’emploi d’Interpol, très léger, pour une police qui n’aurait dans la réalité aucune autorité dans pareille situation. Mais là, c’est peut-être faire son difficile.

Pourtant. On ne peut nier le caractère teenager du titre, qui accumule les solutions de facilité, les raccourcis, et les caricatures pour dévouer une bonne partie de sa matière grise à la mise en scène d’affrontements psychologiques du plus beau crû entre ses deux icônes, dans une dynamique symbiotique écrasant tout sur son passage. Si bien que l'on ne peut considérer Death Note autrement que comme un shônen, en dépit du fait qu'il se distingue en de nombreux points du genre. Maintenant, ce fétichisme otaku (proche de celui d’un Duds Hunt) en rupture avec la chienlit administrative du monde réel contamine t-il la réflexion de fond sur le sujet ?

Opposition symbolique aux relents eschatologiques

Pas entièrement. Bien sûr, le show privilégie le duel actif au détriment du discours passif, confortant ses détracteurs dans l’idée qu’il s’agit là avant tout d’un divertissement "djeunz" à la durée de vie limité. Autant se rendre à l’évidence : bien que Death Note mette en scène un culte, celui de Kirâ, il n’est pas le nouveau Evangelion, en cela qu’il n’alimentera pas d’interminables débats sur la signification de tel et tel élément. Sa complexité n’est pas féconde, elle stimule de façon primaire pour animer le(s) duel(s) ; on saisit aisément le fonctionnement de son univers.



Mais Ôbata Takeshi tape ailleurs. Bien qu’encore une fois, la psychologie ne soit pas l’atout-maître du spectacle, on ne peut nier le pouvoir de séduction du personnage de Raito (et non Kirâ, simple objet de fascination du public), dans sa "folie rationnelle" : Death Note dresse dans toute sa longueur à travers son personnage une parabole très divertissante et pertinente du gourou, dans le sens occidental et non hindouiste du terme, c'est-à-dire davantage un leader manipulateur qu’un authentique maître à penser ; le personnage de Raito ("light", la lumière comme par hasard, opposé à la simplicité de la seule lettre L qui marque le nom de son rival) montre de manière indiscutable la voie à suivre à ses fans, ceux avec qui il entre en contact étant rares, puisqu’avant d’être idolâtré, Raito est un assassin ; peu commun certes, mais assassin. Au lieu de parler pour manipuler ses émules, il tue, de la manière la plus fantasmagorique possible, d’un mouvement de l’index. Comment ne pas se prendre pour Dieu ?

Mais en même temps, Dieu, s’il existe, suit-il des règles ? Est-on seulement Dieu si l’on se soumet à des règles, si laxistes fussent-elles ? Bien entendu non, et c’est cela qui fait bien marrer Ryûk, un vrai dieu pour le coup. Un vrai dieu… qui s’ennuie. C’est là que se trouve le caractère intellectuellement stimulant de la série : plutôt que de conférer à ses êtres supérieurs (supérieurs à l’homme) une aura de toute-puissante exploitée et revendiquée, elle fait des dieux de la mort des gros nazes qui passent leurs journées à glander entre leurs taches, sans passion. Mieux : aucune explication ni mythologie velléitaires ne pointent à l’horizon ; on n’en saura rien, et ce n'est pas plus mal, le récit préférant effleurer le très intéressant sujet de leur relation à l'Homme. L’important, ce sont les humains, ceux-là même qui s’imaginent les dieux de la Mort jouir dans l’opulence de leur puissance. Raito, figure exemplaire de l’égo insatiable et autodestructeur qui anime l’homme face à sa peur de l’insignifiance, trouve là (ainsi que son doubleur) une fabuleuse matière à exacerbation de leurs talents ; seulement, ce déballage d’ingéniosité qui est le sien ne mènera nulle part ailleurs qu’à des morts stériles et sa propre perte : car sa divinité est un mensonge. Il connait de fait le destin de certains grandes gourous, et entraine dans sa chute ses plus fidèles adeptes – ici le personnage autrefois plein de morgue de Mikami, dont le monde s’écroule dans une scène spectaculaire.



Face à lui se tient donc L, extravagant représentant du triomphe du bien et de la raison. A eux deux, ils incarnent l’opposition de deux visions opposées du monde, l’une pessimiste, l’autre optimiste ; mais chacun, à sa manière, évoque quelque part l’idée d’une fin. D’une fins aux relents wagnériens ; fusionnant leurs antagonismes, comme le propose à demi-mots cette scène ambigue ou quelque chose de quasi-érotique se passe entre eux deux. D’une fin parce que l’issue du personnage de L d’une part ; et parce que la folie du personnage de Raito d’autre part, deux faces d’une même pièce chutant dans un puits noir, qu’observerait en silence et en ricanements le Dieu indolent Ryûk ; sentiment que confirme la fin du manga, qui n’augure rien de bon. Alors, Death Note, profond aveu de pessimisme quant à la nature humaine sous des dehors de coup de marketing brillantissime ? Ou peut-être plutôt jeu de dupes, figurant l’humanité comme terrain d’expérimentation, pour peu qu’un cobaye soit prêt à commettre le mal pour avoir l’unique ascendant ? On penchera pour la seconde option, le caractère franchement ludique de la série lui allant comme un gant de cuir clouté. Pour le fun !

Charlie Vasilyeva

Note :

(1) Kami : un dieu. Shinigami : un dieu de la Mort.

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