Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
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ALTER OEx #03 - Graffiti, Edge II, Je Travaille dans l'animation...

L'expression "l'embarras du choix" revêt toute son importance dans le marché du manga et de l'animation, devenu si florissant qu'il est dorénavant difficile, sinon impossible, de suivre le rythme effréné d’une actualité plus qu’agitée. Mais il y a actualité et actualité : si la ligne éditoriale d’OEx couvre un panel représentatif de la planète manganime avec ses chef-d’œuvres ET ses ratages, Orient-Extrême vous propose dorénavant de pousser encore plus loin, à un rythme bimensuel, l’exploration de ce monde empli de Pucca et de Pikachu, afin de semer ci et là quelques pistes de lectures alternatives, en vous laissant le soin d’en récolter les fruits !

Au programme de ce voyage : du kawaii déjà vu, du dinosaure tezukien, de l'art de rue au rabais, des samouraïs du futur (!)et des exactions pour relever un peu le goût.


 

Série manga éditée chez Taïfu Comics

Quand Igarashi Yumiko, la mangaka qui a animé Candy, effectue son come-back sur papier, cela donne au far-west le trop candide Mayme Angel et à l’est, dans un Japon sibérien, ce dernier titre si glacial qu’il n’est pas sans rappeler un certain Kanon.

Mais fidèle à ses inspirations occidentales, la mangaka fait de son héroïne l’entremetteuse de son collège, guidée par ses songes secrets et bien entendu féeriques. Au final rien ne change, Igarashi souffle le chaud comme le froid sur l’Amour : peu importe la crédibilité des relations qu’elle dépeint, tant qu’il y a du rêve…



Série manga éditée chez Taïfu Comics

Nita et Ichino sont deux vieux amis, Nita et Ichino aiment dessiner toute la nuit. Nita et Ichino, alias Fred et Jamy. Intégrer le cercle fermé des mangaka édités au Japon est un rêve devenu réalité pour ces deux jumeaux partis à l’aventure dans la capitale et qui découvrent les affres d’un univers où le sommeil est bien moins qu’une option.

Aux frontières du pays des merveilles d’Alice, Ishida Atsuko la mangaka, la vraie, livre sous formes de tranches de vie de ses deux compères moins ingénus que véritablement naïfs, un documentaire fondé essentiellement sur des lieux communs et autres anecdotes (dessinateurs sous pression, harcèlement téléphonique de concurrents) sans perspective d’analyse façon encyclopédie de Taniguchi. Quitte à faire dans le light, on lui préfèrera les courts-métrages Ghiblies, bien plus ludiques.
 



One-shot manga disponible aux éditions Taïfu Comics

Tezuka est indémodable : l'universalité est l’essence même du génie qui est le sien que l'on trouve dès sa 1ère oeuvre Lost World, certes éloignée de la portée d’un Metropolis, le second volet et apogée de sa trilogie SF. Pourtant le Père du manga a ceci de magique qu’il intègre à son œuvre globale ses plus modestes titres, et parallèlement, insuffle à chacun d’entre eux son âme artistique. Pas de manga alimentaire donc chez Tezuka, mais une continuité.

L’univers rétro et atypique des années 30 dans lequel la violence se mêle aux bons sentiments inspirés de Walt Disney s’inscrit en effet dans la droite lignée créatrice du maître, de même que ses personnages tels que Moustache, archétype tézukien de l’enquêteur bedonnant que l’on retrouve ici dans le rôle d'un explorateur humaniste sur les traces de roches de l'espace aux propriétés extraordinaires et objets de toutes les convoitises.

Continuité n’est pas antinomique à originalité dès lors que le génie créatif est au rendez-vous : Lost World en est assurément une bien belle illustration.


Revue de Thomas Chibrac



Deux tomes parus aux éditions Paquet

 
Si un certain nombre de writers asiatiques commencent à faire parler d'eux sur la scène street art, la Corée, elle, n'a jamais véritablement réussi à se démarquer. La nécessité d'investir les murs, pourtant recouverts de publicités, semble ne s'être jamais faite sentir.

Choi Jong-Hun, lui-même graffeur, tente vainement de nous propulser aux prémices du graff coréen, fin 90's, à la fois de nous expliquer par de légers arguments les qualités de ce mouvement, et de nous embarquer dans une aventure à laquelle personne ne croit – lui le premier. S'en dégage une niaiserie ambiante, l'excitation puérile du jeune qui pose son premier flop, et une certaine caricature qui limite les personnages à des stéréotypes d'un autre temps. Son dessin, comme ses graffs, ne s'éloigne jamais du cliché : il est plus que recommandé aux amateurs de passer leur chemin.

Arnaud Lambert




Recueil d'illustrations, ouvrage collectif paru chez Kana.

Edge II - Les Samouraïs du futur réunit 30 artistes de différentes nationalités autour d’un thème : le samouraï du futur (admirez la limpidité du titre). Les illustrations se succèdent, anonymes puisque dépourvues de titre et de légende, la plupart n’étant pas signées. Vient ensuite un récapitulatif où les dessinateurs se présentent et commentent leur travail. Bien que très courtes, ces explications donnent un nouvel éclairage aux fresques, délivrant pour certaines des clés de compréhensions, et invitent à une redécouverte de l’ensemble de l’ouvrage.

Le samouraï, icône guerrière universelle, est magnifique dans ses ambiguïtés : preux héros ou brute assassine, charismatique dans tous les cas. Le sabre stigmatisant cette ambivalence, semble une constante à toutes ces représentations.

Malheureusement, si l’expérience est réussie, son intérêt s'avère limité. Et son prix élevé (29 euros) n’incite d’ailleurs pas à la tenter...


 
One-shot de Daisuke Nishijima paru dans la collection Made in de Kana


Viêt-Nam, 1965. Photographe de l’armée américaine, Minami Hikaru recherche une mystérieuse jeune fille, auteure d’un massacre dont il est le seul rescapé. Obnubilé par elle, il ne survit que dans la perspective de la connaître.

Frôlant l’absurde, les situations s’enchaînent au gré des scènes de mort (combats, tortures, charniers) sur fond de forêts "napalmisées". Avec des personnages aux traits enfantins et des décors épurés, cette innocence du graphisme rend la violence décrite plus insoutenable encore. Au choc de l’image, s’ajoute le poids du verbe. Grâce à des analogies percutantes comme celle du photographe et du sniper, Nishijima Daisuke donne, en quelque phrases seulement, une incroyable force et une universalité à son propos : à chaque guerre son lot de folie et d’horreur où le sensationnalisme de l’image est au service de celui qui la contrôle. Edifiant.

Revue de Sabine Soma

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