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EDITIONS ANIMA - INTERVIEW

Lors de la dernière édition du festival G.A.M.E. in Paris, qui a eu lieu les 14 et 15 avril dernier à Paris / La Villette, Orient-Extrême a eu la curiosité de s’intéresser aux nouveaux venus dans l’édition de DVD animation. Parmi eux, Anima. A l’occasion des sorties des premiers DVD du label courant juin, avec des titres tels que Higurashi ou Tales of Phantasia, retour sur la rencontre avec Ly Ung Sah, directrice du développement, qui a bien voulu nous accorder de son temps pour répondre à nos questions.

Orient-Extrême : Pourriez-vous nous présenter Anima ?
Ly Ung Sa :
Anima est un nouveau label d’éditions DVD sur le marché français de la japanimation. Nous l'avons fondé en janvier 2007, mais malgré sa jeunesse, nous avons déjà eu de bons contacts et des licences. La création du label s’est faite quasiment en même temps que l’acquisition de nos premières licences, qui devraient sortir au mois de juin/juillet cette année.

Orient-Extrême : Quelles sont ces licences ?
Ly Ung Sa :
Pour l'instant, Tales of Phantasia (que les fans de jeux vidéo doivent bien connaître), et Higurashi : Hinamizawa, le village maudit, une série de vingt-six épisodes d’un genre assez nouveau, mêlant thriller et angoisse, avec un design plutôt kawaii. Il s'agira en queque sorte d'une confrontation entre le scénario et le graphisme, et c’est ce qui fera la force de l’anime, d'ailleurs particulièrement connu pour la manière dont est géré le suspense… On a également un shôjo, Boys Be. Ensuite, deux petites séries, Dai-Maho Toge et Dokuro Chan, qui ont huit épisodes chacune, avec des histoires assez courtes et rigolotes. Pour finir, Harukanaru Toki no Naka de, en coproduction avec Beez. Ce sont donc nos premiers titres signés, et qui seront lancés dans l’année.

Orient-Extrême : C’est une sélection assez large, au final. Comptez-vous vous spécialiser dans quelque chose ou rester dans une ligne assez éclectique ?
Ly Ung Sa : Non, justement Anima a été créée par des fans, pour des fans. C’est notre credo. C’est ce qu’on a toujours voulu faire. Attention, ça ne veux pas dire qu’on va prendre quelque chose et faire n’importe quoi dessus, et qu’on va noyer le marché. Ce n’est pas ça. Nous, ce qu’on veut, c’est avoir des licences, pas aller se battre sur des concessions du style Death Note, ou autres, où l’on va mettre des sommes gigantesques. Ce n’est pas notre but. Notre but, c’est de pouvoir donner l’opportunité au public français de voir des séries auxquelles ils n'auraient pas eu accès parce qu'elles sont "petites". Et il y a tellement de séries qui sautent, qui passent à la trappe parce que les éditeurs ont d’autres cibles, plus grosses. Par exemple, Higurashi est une très, très bonne série, particulièrement prisée au Japon, mais elle reste plutôt méconnue en France, même s'il existe toujours certains fans qui cherchent sur Internet. Donc, c’est plutôt positif pour nous. Pour Tales of Phantasia, beaucoup de Français attendaient l’anime et on s’est dit "pourquoi pas", nous, fans pour des fans, s'atteler à l’acquisition de cette licence, et la sortir. Voilà notre ambition. C’est pour ces raisons-là qu’on ne veut pas se spécialiser.

Orient-Extrême : Sur quels critères choisissez-vous vos titres ? Lequel plaira à qui ? Consultez-vous par exemple votre forum, sur Internet ?
Ly Ung Sa : On se renseigne sur tous les supports qu’on peut trouver. On ne laisse rien de côté. On va aller plus loin. Voir avec les Japonais si on peut avoir des échantillons ou autres, pour un peu plus "sentir" telle série. Et chez Anima, ce n’est pas une personne, un comité, ou un petit groupe qui va donner son avis. Ce sera tout le monde. On aime avoir l’avis de tous ceux qui sont concernées par Anima. Toutes sortes d’avis.

Orient-Extrême : Ce matin, il y avait une conférence avec plusieurs éditeurs manga, et ils disaient que l’année 2007 dénotait une surproduction de titres. Et que le marché est un peu en perte de vitesse. Pour un petit label comme Ki-oon, c’est compliqué de se lancer en ce moment. Et pour vous, n'y a t-il pas un risque ?
Ly Ung Sa : Quand on a débuté, on savait ce qu’on faisait. On connaissait déjà le marché. Ça fait pas mal de temps qu’on travaille dans les milieux de la japanimation et du manga. On s’est lancés parce qu’on a toujours voulu le faire ; et là, on en avait l’opportunité. C’est vrai que les circonstances font que ce n'est peut-être pas la meilleure période. Mais pour l’instant on n’a pas vraiment rencontré d’obstacles... Peut-être aussi parce que nos DVD ne sont toujours pas édités, et qu’ils vont sortir en milieu d’année. On verra. Ceci dit, on n’a à l'heure actuelle pas les mêmes attentes qu’une grosse entreprise : peut-être que nos cibles sont moindres et que l'on ressent moins les obstacles ou les contraintes. On sait que le marché est stagnant, voire presque en déclin par rapport aux années précédentes. Mais cela ne nous fait pas peur car nous croyons en nos séries. Toute l’équipe est motivée, et soudée derrière ces séries-là. On va tout faire pour qu'elles conquièrent leur public. Nous sommes confiants et nous pensons que ces titres vont avoir un certain impact sur le marché français et on espère pouvoir continuer avec de nouvelles acquisitions de licences. Voir ce qu’on va lancer avec Anima courant 2007.

Orient-Extrême : Vos objectifs, donc, être une référence pour les fans ? Vous faire une petite place dans ce monde ?
Ly Ung Sa : Être une référence pour les fans, peut-être pas. Mais personnellement, un cas de figure me ravirait : prenez un fan, qui adore un série pas très connue, mais à fort potentiel, et aimerait voir cette série sortir en France, tout en sachant très bien que les grosses boites à édition ne miseront jamais sur cette série. Ce qui serait génial, c'est que ce fan-là aille sur notre site Internet, et nous écrive un mail à ce sujet, ou bien ouvre un sujet dessus sur le forum, en se demandant si Anima peut être intéressée par ce projet. Si au final, on pouvait exaucer son souhait... ce serait parfait.

Orient-Extrême : Vous regardez souvent ce qu’il y a sur le forum ?
Ly Ung Sa :
On aime avoir cette interaction avec les amateurs. Ça peut faire beaucoup de demandes à traiter, mais on apprécierait le fait qu’un fan nous indique une série. On aimerait vraiment leur faire plaisir. C’est aussi pour cette raison qu’on a lancé le site. Il y a encore des modifications à faire ; c’est pour ça qu’il y a un forum.

Orient-Extrême : Lors de la conférence, Pika et Kana ont essayé de définir un profil type de leur cible entre 12 et 18 ans. Qu’en est-il pour vous ?
Ly Ung Sa : Dans la japanimation, la plupart des titres visent les 12-18. Il y en a pour les plus jeunes, mais c’est surtout pour les ados. Nous, nous n'allons pas nous limiter à cette tranche d’âge ; on va plutôt se concentrer sur la série : l'histoire est-elle intéressante ? La série a t-elle du potentiel en France ? Etc. Regardez une série comme Monster, pour une tranche d’âge plus "mature". On ne va pas se restreindre simplement parce que ça dépasse les 12-18, mais vraiment considérer chaque série pour ce qu’elle est. Pas de cible directe, donc, même si les animes sont généralement faites pour les ados.

Orient-Extrême : Quelle est la portée d’un évènement comme G.A.M.E pour un petit label comme Anima ? Est-ce que les gens vous connaissent déjà, ou bien vous découvrent-ils ?
Ly Ung Sa : En fait beaucoup de gens nous découvrent. Actuellement, ce qui compte, c'est de montrer qu’on existe. Qu’on est un réel éditeur, qui se place sur le marché. Non pas pour aller combattre les gros, parce que ça ne sert à rien ; mais plutôt pour proposer un choix de séries différentes, de qualité. Testez-les, regardez-les, on a fait ces démarches pour vous. Dans ces cas-là, la communication est vraiment importante, sur G.A.M.E. in Paris et d’autres salons. Et l'on ne fait pas que les salons parisiens, au contraire, on va dans toute la France, pour se faire connaître du plus grand nombre. Côte D’azur, Toulon, Cannes, Strasbourg... Dès qu’on peut assister à un salon, on se déplace. On distribue des flyers pour que les gens se disent "Ah oui, c’est Anima, je connais..."

Orient-Extrême : Vous avez souvent ce genre de réflexions ?
Ly Ung Sa : J’en ai eu ce matin. Un fan, avec qui j’ai longuement discuté. C’est génial de constater un retour.

Orient-Extrême : Merci beaucoup pour cet entretien, on vous souhaite bonne chance !

Entretien réalisé par Thomas Chibrac avec la collaboration de Fatiha Zeghir.

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