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APRIL SNOW

En salle le 12 mars 2006

April Snow part d’un idée intéressante pour les amateurs de mélos : une femme et un homme ont un accident de voiture, laissant chacun leur mari et femme respectifs découvrir qu’ils étaient en fait amants ; naturellement les deux conjoints épargnés termineront dans les bras l’un de l’autre. Intrigue simple mais qui portait en elle la puissance d’un bon film, surtout une thématique riche et complexe, délicate et subtile. Comme toutes les choses simples, il faut du génie pour en donner l’expression juste. Du génie, c’est ce qui manque cruellement à ce film tout juste honnête.

D’allures de mélo on passe à vrai mélo, avec tous ses travers les plus connus. Les conjoints veillant leurs blessés infidèles ont donc une aventure. Mais c’est amené avec une subtilité telle que l’on se demande comment il est alors possible que la première scène de nu (parce que c’est finalement là le but ultime du film : flatter notre concupiscence) n’arrive qu’après la moitié du film. Pour laisser aux sentiments le temps de se développer ? peut-être, encore eût-il fallu que le réalisateur se donne la peine d’expliquer à ses scénaristes et à ses acteurs qu’il ne fallait pas tout laisser voir dès la scène d’ouverture : la marque d’une grande œuvre est de savoir tout dire à tout instant. Une mauvaise nous dit au premier plan : ne regardez pas la suite, rien ne se passera que vous ne savez déjà.

Qui est le plus mauvais ?

Et donc, chacun se bat ici pour avoir le droit d’être plus mauvais que l’autre. Exempts de reproche… peu de personnes : le premier rôle féminin, pas mauvais (mais quand même, quand on est mal dirigé, pas de salut) et le producteur – qui est déjà bien puni d’avoir donné son argent à une bande de branquignoles (NDLR l'avenir international du film nous a fait mentir sur les retombées purement pécuniaires).

Ainsi donc, saluons cette actrice, Son Ye-jin, merci bien. Pauvre de vous, le prochain film sera peut-être meilleur. Elle est sobre à souhait, évite autant que possible le doucâtre et l'agaçant. Et c'est vraiment une gageure quand on a une équipe pareille sur le dos (mention spéciale aux maquilleurs pour la scène d'amour, le matin, qui n'ont pas lésiné sur le fond de teint). Avec une grande dignité, qui ne ressort pas comme compassée, elle tient son rôle de femme trompée puis d'amante solitaire.

Que dire de plus ? Bande-son patraque, réalisateur anémique, opérateur ballonné, gueule de bois de l’acteur principal (aussi crédible qu’un cornichon au fond d’un pot de moutarde)… scénariste à essoriller. Reprenons un par un. Le réalisateur n'a pas d'idée, de ça, la lenteur générale du film nous convaincra. La question à lui poser : croit-il vraiment que faire lent c'est faire beau ? On l'en croit volontiers capable.

L'acteur principal (maintien de l'anonymat pour éviter d'être accusé de diffamation) n'est pas trop laid, mais avec ses airs de minou, on voudrait bien lui coller une claque dès le départ. Quant à la scène de cuite... retour du cornichon... à croire qu'il n'a pas une grande pratique de la chose : monsieur le réalisateur, dans ce cas la solution vous est donnée par Les Tontons flingeurs, faites le vraiment boire !

Le scénario... sur cela, il faudra pieusement garder le silence... on les enverrait bien en camp de rééducation mais le cas est sans doute déjà trop désespéré, voire peut-être contagieux.

N’en jetons plus. Enfin, si, jetons le, ce film.

Matthieu Guinard

de Hur Jin-Ho, Corée du Sud, 2005

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