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DEAUVILLE US 2012 : interview de la réalisatrice So Yong Kim

So Yong Kim est la réalisatrice de For Ellen, son troisième long-métrage qui sort cette semaine dans les salles françaises. Née en 1968 à Pusan en Corée du Sud, cette réalisatrice et scénariste américaine mariée à … un réalisateur américain, Bradley Rust Gray, n’en oublie pas pour autant ses racines asiatiques.


Orient Extrême : Le rythme de For Ellen paraît volontairement lent. Quelle en est la raison ?
So Yong Kim :
Tout d’abord, j’ai voulu suivre le rythme du personnage interprété par Paul Dano (Knight and Day, There Will Be Blood...). Ensuite, nous avons tourné au nord de l’état de New-York, à la frontière canadienne, en hiver. Par ailleurs, je fais des films pour un public cherchant autre chose que le standard hollywoodien. Pour finir, je suis influencée, dans une certaine mesure, par les réalisateurs asiatiques indépendants.

Pourquoi écrivez-vous vous-même les scénarios de vos films ?
Je reçois des scénarios de films… mais ils ne me donnent généralement pas envie de les réaliser. Il est très difficile de consacrer trois ou quatre ans de sa vie à un film si l’on n’y croit pas à 100%. En revanche, il est possible qu’un jour j’adapte un roman. Écrire une histoire entière est difficile. J’écris seule, sans mon mari – on se dispute déjà bien assez sans ça ! Et  il est difficile d’accepter la critique au stade de "l’enfance". Or, mes idées sont comme des bébés.

Vous avez pourtant réalisé un court métrage avec votre mari, Bradley Rust Gray, non ?
Si. Nous avons écrit et réalisé ensemble ce court métrage dans le cadre du film Chinatown Film Project. Pour ne pas se chiffonner, chacun de nous disait à l’autre : "Non, à toi de décider !" Résultat, on a quelque chose de pas terrible au final !



Quel souvenir gardez-vous de votre participation à 3.11 Sense of Home, un film en mémoire du tsunami de mars 2011 au Japon ?
À l’occasion d’un festival, j’ai rapidement rencontré Naomi Kawase (Shara, La Forêt de Mogari...), la réalisatrice japonaise responsable du projet. Ce qu’elle m’a demandé, c’est juste d’exprimer mes sentiments à ce sujet. Ce film [qui rassemble cinq courts métrages de 3 minutes et 11 secondes, en référence à la date du 11 mars 2011, NDLR] n’a rien d’une déclaration politique. J’ai fait un court métrage sur ma famille, pour montrer qu’au-delà de la tragédie, il y a toujours la vie.

Avez-vous une opinion arrêtée sur la question du nucléaire ? Ce film l’a-t-il influencée ?
Nous assistons à une crise énergétique globale : d’un côté, nous avons besoin d’électricité, mais de l’autre, nous faisons face à une diminution des ressources naturelles en énergie. Par ailleurs, nous savons le mal que nous faisons à l’environnement. Concernant la question nucléaire au Japon, je vois surtout que le gouvernement japonais n’a pas partagé les informations. Or, à mon sens, cacher ce genre de chose aux gens n’est jamais une bonne idée.

Votre deuxième film, Treeless Mountain, raconte l’histoire de deux petites filles à Séoul, en Corée du Sud. Qu’est-ce qui a motivé ce retour dans votre pays natal ?
Je voulais sortir cette histoire de moi. Je l’avais en tête depuis très longtemps, bien avant que je ne réalise mon premier film. J’ai pensé que ce film "appartenait" à la Corée du Sud, c’est pourquoi je m’en suis allée le tourner là-bas. Ceci étant dit, la tache a été des plus difficiles. Je suis partie de zéro.  Et assez étrangement, ce sont des producteurs américains, qui ont cru au projet, et l’ont soutenu.



Quels réalisateurs vous influencent dans votre travail ?
L’influence d’autres réalisateurs est plus inconscience que consciente. Néanmoins, pour Treeless Mountain, qui a pour sujet deux jeunes sœurs, j’ai regardé des films avec des enfants : Ponette, de Jacques Doillon, Les 400 coups, de François Truffaut, Bonjour (Ohayô), de Yasujirô Ozu…

Quels sont les récents films que vous avez appréciés ?
Je trouve que l’Amérique compte de très grands réalisateurs, encore aujourd’hui. Par exemple, j’ai beaucoup apprécié Take Shelter, de Jeff Nichols [Grand Prix du festival du film américain de Deauville 2011, et amplement mérité, soit dit en passant, NDLR]. Juste avant le festival du film américain de Deauville de cette année, je me suis rendue à un festival au Chili. J’y ai vu de très bons films sud-américains. Mon mari est cinéphile, nous regardons beaucoup de films.

Quel regard portez-vous sur le cinéma sud-coréen ?
J’aime les films de Kim Ki-duk (Locataires), de Hong Sang-Soo (Conte de cinéma), ou encore de Lee Chang-Dong (Peppermint Candy). Il y a de très grosses productions en Corée du Sud. Qu’ils aient accès à ce système pour faire de plus grands films, c’est tant mieux. Je ne peux malheureusement pas en profiter !

Sur quel thème portera votre prochain film ?
Mon prochain film parle d’une mère âgée qui a des enfants adultes, deux frères et une sœur. Pour le préparer, je me suis remise à visionner des films traitant de la famille, notamment des films d’Ozu.

Propos recueillis par Christine Calais


Photos de la réalisatrice au bas de l'article © Christine Calais

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