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DEAUVILLE 2012 : interview du réalisateur Matsumoto Hitoshi

Tout Japonais qui se respecte connait le nom de Matsumoto Hitoshi, associé depuis trente ans au cultissime duo comique qui l'a révélé, Downtown. Omniprésent people dans un pays où le programme de télévision comique est une culture à part entière, Matsumoto a eu la bonne idée de se diversifier, en commençant par le cinéma. Saya Zamuraï est son troisième film, après Big Man Japan (Dai Nippon-jin) en 2007, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes, et Symbol (Shinboru) en 2009. Il est sorti le 9 mai 2012. À l’occasion de l’édition 2012 du Festival du Film Asiatique de Deauville, l’humoriste à la boule à zéro enchataîne les interviews dans le salon d’un grand hôtel Deauvillais. En bon professionnel rompu à ce genre d’exercice, et en vrai comique, il répond du tac au tac, avec humour.

Orient-Extrême : Comment avez-vous réussi à tirer le meilleur de Nomi Takaaki, l’acteur qui joue le rôle-titre de Saya Zamuraï ?
Matsumoto Hitoshi, l’air amusé :
En fait, Nomi, qui n’est pas un acteur professionnel, a tout bonnement ignoré que nous tournions un film de cinéma ! J’ai préféré lui dire que nous tournions un documentaire. Du coup, je lui demandais simplement de faire rire le garçon. Et il s’y appliquait, pour pouvoir terminer le tournage [rire].

Quelles indications avez-vous données aux deux enfants du film ?
Au garçon qui joue le jeune prince, j’ai dit de ne jamais rire – il a eu du mal à se retenir à deux reprises. Quant à la fille du samouraï, qui est une actrice professionnelle, je lui ai demandé de jouer… la mère de son père.

Saya Zamuraï est-il influencé par les films comiques muets ?
Non. Encore une fois, si Nomi ne dit rien, c’est parce qu’il ne sait pas jouer. En plus, j’avais envie de faire plaisir au public étranger, et pour cela, de privilégier l’action aux paroles.

Alors, quelles ont été vos influences sur ce film ?
Mes influences ne sont pas cinématographiques, mais artistiques. Mon travail de comique à la télévision m’influence particulièrement. Je fais six émissions à la télévision, en alternant une semaine de travail pour la télévision, puis une pour le cinéma. Au Japon, le rythme est différent de celui que l’on peut trouver ailleurs, où, en général, un comique aura tout au plus une ou deux émissions télévisées.



Avez-vous été influencé par Takeshi "Beat" Kitano, grande figure de la télévision et du cinéma japonais, et comment appréciez-vous son œuvre ?
Kitano est un grand aîné. Je ne peux pas me permettre de dire si je l’apprécie ou non. Ses films sont reconnus à l’étranger, et ce sont eux qui me permettent d’être ici, avec vous, aujourd’hui, et de faire ce que j’ai fait.

Quel est votre prochain projet cinématographique ?

J’ai envie de casser les normes du cinéma. Je veux faire des films qui surprennent le spectateur, des films inoubliables, plutôt qu’enfermés dans une époque précise. Je rentre justement à Tokyo pour organiser des réunions autour de mon prochain film, qui sera vraiment différent. Oui, celui-là cassera vraiment les normes.

Quelle est votre position sur l’industrie nucléaire, après l’accident de Fukushima de l’année dernière ?
Depuis Fukushima, la situation s’améliore, sans doute. Mais je pense qu’il vaut mieux ne pas utiliser le nucléaire. De toute façon, à mon faible niveau, la seule chose que je peux faire est donner du plaisir aux gens.


Propos recueillis par Christine Calais

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