Orient-Extrême, le magazine des cultures asiatiques
Actu ciné - DVD
Critiques
Personnalités/Evénements
Section télévision

 
Facebook MySpace YouTube Orient-Extrême YouTube Orient-Extrême
Nosphere Capsule Tokyo MANGA PARTY FESTIVAL TAIYOU mikan music network HIGASHI MUSICa Fly in ParisSOUNDLICIOUS YESSTYLE agence ACPP Cap CoréeHAN’Seu Festival Jpopdb YESASIA
Nos partenaires

KINOTAYO 2011 : les réalisateurs face à Fukushima et à la douloureuse question du nucléaire

L'entertainment, c'est très bien, mais il arrive que le cinéma soit confronté à des aléas de la réalité tels qu'il lui est impossible de les ignorer : ce fût le cas avec la catastrophe du 11 mars 2011, qui submergea la côte est du Tohoku d'un tsunami dévastateur, et provoqua la catastrophe nucléaire que l'on sait, au prix d'une trentaine de milliers de victimes. Face aux réalisateurs des films présentés à la Maison de la Culture du Japon (MCJP) lors du festival Kinotayo, du 8 au 29 novembre 2011, Orient-Extrême a choisi d'aborder le sujet délicat de cet événement, dont les répercussions sur l'avenir et la conscience des Japonais sont encore inconnues. Dans notre escarcelle, deux questions : d'une part, quelles ont été leurs réactions au moment où le pire est arrivé ; d'autre part, quelles sont leurs positions vis-à-vis du nucléaire, alors même que des cinéastes engagés, tels Mori Tatsuya et Koreeda Hirokazu sont partis sur place tourner des images.


Fugakawa Yoshihiro, réalisateur d’Into the White Night


"Je devais commencer le tournage d’un film indépendant sur des enfants le lendemain de la catastrophe de Fukushima. Finalement je le tourne à partir de janvier 2012. J’ai réécrit le scénario, même si les enfants restent le sujet principal, et changé le lieu de tournage. Dans le scénario j’ai mis tout ce que j’ai ressenti à propos de Fukushima.

Nous avons été réconfortés par la venue de Français au Japon après le tsunami, comme Jane Birkin (NDR : elle a aussi organisé un concert Sos Japon à Paris en mai dernier, dont les bénéfices ont été reversés à la Croix Rouge japonaise). Il est important de faire des films et de les montrer pour reconstruire le pays."




Hanawa Yukinari, réalisateur de My Wife

"My Wife est sorti au cinéma deux semaines avant le tremblement de terre. Les producteurs ont organisé des projections dans le Tôhoku, la région sinistrée. J’ai participé à certaines séances. Et j’ai donné de l’argent.

Le nucléaire est une question difficile et douloureuse. La catastrophe de Fukushima entraîne beaucoup de dégâts à très, très long terme. On nous dit que le Japon ne peut pas fonctionner sans cette énergie. Je n’en suis pas certain. Il y a l’énergie solaire, l’énergie hydraulique. Mais les Japonais ont l’habitude de vivre confortablement. Le peuple japonais reste digne certes, mais il oublie assez vite. Il y a des manifestations contre le nucléaire au Japon, mais à l’étranger elles perdureraient beaucoup plus."


Nakajima Ryô, qui a réalisé When I Kill Myself

"Le nucléaire est un problème très douloureux. Je n’y avais pas trop réfléchi avant la catastrophe de Fukushima. Hiroshima me paraissait loin et terminé. Fukushima a soulevé beaucoup d’interrogations en moi. Je suis conscient que toute une partie du Japon est condamnée à devenir un no man’s land. La société et les politiques japonais vont devoir trouver des solutions pour résoudre ce problème effrayant. La radioactivité est invisible, et nous ne sommes pas informés. Nous ne connaissons pas les conséquences de tout cela ; dans vingt ou trente ans, il y aura certainement des problèmes de santé parmi les Japonais."




Yazaki Hitoshi, réalisateur de Love and Treachery

"Je voulais tourner un film dans le Tohoku mais il est en suspens. A la télévision, depuis le 11 mars d’un côté on parle de solidarité. Mais de l’autre côté des propos sont censurés."


Gilles Sionnet et Marie-Francine Le Jalu, réalisateurs français du documentaire La Vie Murmurée

"Nous avions une tournée prévue pour montrer notre documentaire dans les universités japonaises en juin 2011 a été annulée suite à Fukushima. Nous allons la faire en 2012."



Propos recueillis par Christine Calais


Photographies des cinéastes copyright © Christine Calais

Orient-Extrême TV : les vidéos produites par Orient-Extrême