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PEACE ECO SMILE à JAPAN EXPO 2013 : la conférence de presse avec TOYOTA, ANA, STUDIO4°C, les réalisateurs Tanaka Tatsuyuki et Kubooka Toshiyuki, et la chanteuse Una

Depuis quelques mois, le constructeur nippon TOYOTA a démarré une campagne promotionnelle internationale sur le thème de l'écologie pour vendre ses voitures hybrides. Le projet PEACE ECO SMILE (PES) vise le jeune public fan d'animation japonaise par l'intermédiaire d'un dessin animé et de clips musicaux réalisés par STUDIO4°C. Au printemps 2013, la compagnie aérienne ANA s'est greffée à l'opération pour permettre le voyage du projet et de ses artistes à travers le monde. Cet été, JAPAN EXPO a ainsi accueilli un stand PES, organisé une conférence publique avec projection des premiers clips musicaux en présence des réalisateurs, et TOYOTA a investi le Live House du festival samedi 6 juillet après-midi pour offrir un concert de deux heures avec le groupe NIGHTMARE et May'n en tête d'affiche. Vendredi 5 juillet, les medias avaient pu rencontrer en conférence de presse certains acteurs majeurs du projet : Takao Minai (directeur commercial et marketing de TOYOTA), Eiko Tanaka (présidente et fondatrice de STUDIO4°C), Shotaro Sano (de la compagnie ANA), Tanaka Tatsuyuki et Kubooka Toshiyuki (réalisateurs de clips animes), ainsi que Una (jeune apprentie-chanteuse de l'un de ces clips, Lonely Flower).

Notez que la compagnie aérienne japonaise ANA (All Nippon Airways) a déjà collaboré avec STUDIO4°C pour la réalisation d'animations dans le cadre de sa propre campagne promotionnelle internationale : IS JAPAN COOL?.



Presse : D'où est venue l'idée de créer le projet PES, PEACE ECO SMILE ?
Minai Takao (TOYOTA) :
Nous nous sommes aperçus que notre entreprise TOYOTA s'adressait parfois à ses clients avec des mots un peu trop compliqués. Nous avons voulu faire passer les messages liés à l'environnement de manière plus simple et nous avons pensé au media de l'animation. C'est cette démarche qui est à l'origine du projet. La première vidéo réalisée n'a pas été projetée aujourd'hui à JAPAN EXPO, elle était consacrée à la sécurité des automobilistes, avec un message simple et facilement assimilable grâce à l'animation. Dans les quelques vidéos que nous avons conçues dans le cadre de PES, sur les thèmes de l'environnement et de l'énergie, nous avons par exemple essayé d'expliquer pourquoi TOYOTA construit actuellement 5 millions de voitures hybrides. Nous pensons à l'énergie et au futur de la planète. Puisque ce sont des problèmes importants et que personne ne peut les résoudre seul, nous avons décidé de passer par une phase de collaborations afin d'aller tous ensemble vers un meilleur futur pour la Terre.

Presse : Quel impact attendez-vous concernant le projet PES en France ?
Minai Takao (TOYOTA) :
La première diffusion internationale a lieu en France. Pour nous qui travaillons beaucoup sur le net sans forcément rencontrer le public, on voulait profiter de cet événement promotionnel à JAPAN EXPO pour faire des rencontres, élargir notre communication hors du Japon. La France n'est que la première étape de notre travail à l'international.

Presse : Comment la société ANA est-elle arrivée dans ce projet ? ANA ne semblait pas participer au projet lors de ses premières présentations, notamment publiques. Quels sont les intentions d'ANA au niveau de l'environnement ?
Sano Shotaro (ANA) :
Nous avons commencé à travailler avec STUDIO4°C et TOYOTA au mois de mars 2013. JAPAN EXPO est le deuxième événement auquel nous participons ensemble après TOKYO INTERNATIONAL ANIME FAIR. Le 4 juillet, jour d'ouverture de JAPAN EXPO, nous avons initié la diffusion de quelques vidéos du projet en collaboration avec STUDIO4°C et TOYOTA sur notre site et sur le site IS JAPAN COOL?. Nous attachons énormément d'importance aux problèmes environnementaux. Nous avons par exemple été les premiers à commander les Boeing 787 qui sont actuellement les avions de ligne les plus performants sur le plan environnemental, avec le moins de rejets nocifs. Nous en avons commandé beaucoup.



Presse : J'étais à une conférence Cool Japan à Singapour. ça parlait de soft power, de marketing...
Interprète : Vous devez confondre Cool Japan et IS JAPAN COOL? d'ANA...
Minai Takao (TOYOTA) :
TOYOTA était présent à Cool Japan à Singapour pour présenter le projet PES en collaboration avec le gouvernement japonais.

Presse : Pourquoi STUDIO4°C a-t-il été choisi pour la prise en charge de la partie animation ? Ce studio est réputé pour ses œuvres au style assez particulier [NDLR : Amer Béton, Animatrix...].
Minai Takao (TOYOTA) :
Première raison : STUDIO4°C ne produit pas des animes basiques comme on en voit souvent à la télévision. Ils ont un niveau de réalisation artistique assez élevé, et ça nous a séduits. Deuxième raison : STUDIO4°C est implanté à Kichijôji à Tôkyô mais, tout en résidant dans ce petit quartier, ils ont une volonté d'exportation et de diffusion internationales. Nous partageons la même mentalité. Nous aussi chez TOYOTA, nous voulions une diffusion massive, et ça a bien marché sur ce point entre nous.

Presse : Est-ce que l'animation japonaise, en tant que vecteur de communication, a été choisie pour plaire au jeune public occidental, sensible à l'animation japonaise ?
Minai Takao (TOYOTA) :
Oui, on s'est dit que l'animation était un media très intéressant dans le sens où il est plus facile de gérer les voix, les doublages, etc. La musique de fond peut par exemple être remplacée... C'est davantage adaptable aux différents pays dans lesquels les vidéos pourront être utilisées. C'est un moyen simple de diffuser des versions localisées de messages compliqués au premier abord.

Presse : Qu'est-ce qui a motivé la participation des réalisateurs Tanaka Tatsuyuki et Kubooka Toshiyuki ?
Tanaka Tatsuyuki (réalisateur) :
TOYOTA m'a tout d'abord proposé de travailler sur un nouveau court métrage d'animation. C'était une opportunité professionnelle, c'était du boulot, alors j'ai accepté l'offre ! J'étais aussi intéressé par le thème de l'énergie. On a beau dire que c'est du travail, si on n'est pas intéressé par le thème, ça ne donne pas de bons résultats. En l'occurrence, ça m'a motivé, je me posais des questions sur les nouvelles sources d'énergie, l'hydraulique, l'éolien... Le projet PES m'a offert l'opportunité d'approfondir mes connaissances et ma réflexion sur la consommation d'énergie, les raisons de son augmentation, ce que l'on produit avec ces énergies, le lien entre les humains, l'environnement et l'énergie... J'ai essayé d'exprimer tout ça à travers le clip que j'ai réalisé pour ce projet.
Kubooka Toshiyuki (réalisateur) : Avant de me joindre au projet, j'ai travaillé cinq ans sur un anime en trois parties tiré du manga Berserk. C'était un travail très long et quand on m'a soumis le projet de court-métrage PES, il m'est apparu comme une bouffée d'oxygène. En premier, je me suis dit que c'était une opportunité à saisir. Ma seconde motivation est la même que Tanaka Tatsuyuki : j'étais très intéressé par le sujet, je me posais personnellement les mêmes questions depuis un bon bout de temps. Travailler sur ces sujets était une occasion rêvée que j'ai saisie au vol.



Presse : Monsieur Tanaka, quel message vouliez-vous faire passer dans votre clip ?
Tanaka Tatsuyuki (réalisateur) :
Plus qu'un message à transmettre, je voulais d'abord que le public prenne plaisir à voir ce clip. J'ai utilisé le symbole d'une étoile assez brillante parce que j'avais à l'esprit qu'il y a toujours quelque chose qui brille en chacun de nous, une énergie enfouie en chaque chose qui existe sur Terre... On doit aller la chercher très profondément et j'ai voulu rappeler son existence par cette étoile présente en permanence dans le clip.
Tanaka Eiko (STUDIO4°C) : Le clip est actuellement en cours de réalisation. C'est un anime un peu plus long qui n'est pas encore finalisé.

Presse : Les événements de Fukushima ont-ils influencé votre travail ? Sont-ils responsables du côté pessimiste du clip projeté tout à l'heure en conférence publique ?
Kubooka Toshiyuki (réalisateur) :
Le travail que j'ai réalisé est peut-être le plus proche de ces sujets, alors je vais vous répondre. Effectivement, le Japon a été touché par cette catastrophe. Toutes les avancées des civilisations ont eu des apports positifs, mais aussi des aspects négatifs que l'humain essayait de contrôler d'une façon ou d'une autre. Jusque là, on croyait gérer correctement la situation, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas. Ma création met en avant le thème du contrôle de cette nature. Je n'ai pas de solution à proposer, mais je fais réfléchir les spectateurs.

Presse : Comment avez-vous trouvé l'accueil français lors de votre conférence publique ?
Tanaka Eiko (STUDIO4°C) :
Una a découvert ce matin son clip en même temps que le public. Elle va vous dire ce qu'elle a pensé de tout ça.
Una (mannequin et chanteuse) : Quand on discutait de ce projet au tout début au Japon, il n'existait aucune animation sur laquelle je pouvais m'appuyer. On m'avait juste demandé de chanter en me donnant des adjectifs décrivant l'ambiance, mélancolique et triste, et en me disant qu'une fleur apparaitrait dans l'anime. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Je suis rentrée en studio, j'ai chanté et je vois aujourd'hui le résultat. J'ai effectivement compris la relation entre cette fleur et la Terre, la façon dont cette Terre dépérit de plus en plus... C'est assez pessimiste, mais il y a un retour en arrière sur les dernières secondes d'animation, et ce retour me laisse croire qu'il reste un espoir pour la fleur et pour la planète.
Tanaka Eiko (STUDIO4°C) : Ce matin en conférence publique, quand monsieur Kubooka est intervenu après la diffusion, il a parlé des problèmes environnementaux que le Japon doit actuellement affronter. En tant que présidente du studio, j'ai constaté que le public français réagissait vraiment. Il était très intéressé par l'intervention du réalisateur et on se dit que, que ce soit en France ou au Japon, on pense aux mêmes problèmes, on a les mêmes préoccupations et c'est très encourageant.

Presse : Una, qu'avez-vous ressenti lorsqu'on vous a contactée pour ce projet ?
Una (mannequin et chanteuse) :
J'étais vraiment très surprise qu'on me contacte personnellement pour participer à un projet d'une telle envergure, alors que je n'avais jamais enregistré la moindre chanson en studio. C'était une très bonne surprise.
Tanaka Eiko (STUDIO4°C) : Elle est très célèbre au Japon en ce moment, non seulement en tant que chanteuse (elle sort son premier single cet été), mais aussi en tant que mannequin. [NDLR : MYTHO4°C !]

Presse : Una, pensez-vous que la thématique du projet PES peut influencer vos futures chansons et ainsi poursuivre la transmission du message écologique ?
Una (mannequin et chanteuse) :
Je suis née à Okinawa, l'île la plus au sud du Japon, où la nature est encore très présente. J'ai été élevée au milieu de cette nature et j'ai envie de continuer à réfléchir sur ces questions environnementales dans mes prochains travaux.



Presse : PES est un projet en cours. Savez-vous combien de vidéos seront réalisées au total ? Les équipes de réalisation seront-elles différentes ? Comment tout cela se décide-t-il ?
Tanaka Eiko (STUDIO4°C) :
Nous souhaitions faire travailler ensemble des réalisateurs qui avaient un niveau artistique élevé et une force d'expression très développée dans leur animation, donc des gens expérimentés dont on respectait beaucoup les œuvres. On voulait leur associer des artistes musicaux dont on appréciait aussi le travail [NDLR : la débutante Una et deux groupes féminins peu connus, Akaiko-en et Petit milady] pour aboutir aux trois clips musicaux animés qui sont projetés aujourd'hui à JAPAN EXPO. Au final, il y aura quatre clips musicaux animés et trois autres animations, non musicales, sur le même thème ; soit un total de sept vidéos. Tous ces courts-métrages seront dévoilés au fur et à mesure de leur finalisation, alors restez attentifs à notre travail pour les visionner le plus vite possible. Nous sommes très fiers d'avoir pu collaborer sur quelques-uns de ces projets avec la compagnie ANA et son projet IS JAPAN COOL?.

Presse : A propos de ces prochaines vidéos, vous pouvez nous en dire plus ? Qui les réalisera ?
Tanaka Eiko (STUDIO4°C) :
Les trois premières vidéos, projetées aujourd'hui, ont un style animé très différent. Le quatrième clip le sera aussi et n'aura rien à voir avec les trois précédents. Les trois films en partenariat avec ANA seront encore différents. Vous pourrez les visionner sur le site d'ANA, ou sur celui de ToyToyota. Restez attentifs ! Les noms des prochains réalisateurs seront dévoilés ultérieurement. Pour le moment, on ne vous présente que Tanaka Tatsuyuki et Kubooka Toshiyuki.

Presse : Messieurs Minai et Sano, vous avez recours à la Jpop [NDLR : la musique pop japonaise] dans le projet PES, en particulier et de façon plus impactante dans le grand concert PES NEXT GENERATION LIVE ! TOYOTA×STUDIO4°C meets ANA de JAPAN EXPO pour lequel vous avez débauché des artistes comme May'n et NIGHTMARE. C'est rare dans un projet international mené par des entreprises de votre envergure. Les géants industriels coréens comme Samsung et Hyundai le font pourtant très bien depuis des années avec leur Kpop, et ils rencontrent un très grand succès auprès du jeune public. Pourquoi les Japonais sont-ils si peu enclin à utiliser leur propre musique dans de telles campagnes internationales ? Quelles difficultés peuvent se poser ? Quel a été le déclencheur pour le projet PES ?
Minai Takao (TOYOTA) regarde le plafond, sourit et répond... :
Personnellement, je n'ai pas particulièrement réfléchi au fait d'utiliser de la Jpop ou une musique d'une autre origine dans le projet PEACE ECO SMILE. Je ne me suis pas posé la question de savoir si la Jpop allait passer les frontières du Japon. J'ai juste vu que ça passait bien avec Una, qu'il n'y avait aucun problème et que le message se transmettrait.
Sano Shotaro (ANA) : Sur notre site IS JAPAN COOL?, nous présentons le Japon dans ce qu'il a de plus ancien et ce qu'il a de plus innovant et actuel. On pense que la culture ancestrale du Japon, sa culture la plus moderne ainsi que les comparaisons qui peuvent en être faites donneront encore plus de valeur et d'importance à ce qui se fait aujourd'hui. Selon nous, c'est très intéressant et c'est ce qui motive notre engagement.



Presse : Pensez-vous que d'autres artistes japonais, voire européens ou américains, puissent rejoindre le projet pour augmenter la portée du message ?
Minai Takao (TOYOTA) :
On y pense, mais ça reste au stade de réflexion pour le moment.
Tanaka Eiko (STUDIO4°C) : Si vous pensez à des artistes qui vaudraient le coup et qui colleraient bien au message, n'hésitez pas à nous conseiller ! On aimerait rentrer en connexion avec le monde entier.
Minai Takao (TOYOTA) : On travaille avec STUDIO4°C et des réalisateurs nippons. Vous parliez de Jpop, c'est vrai que c'est un projet fait par des Japonais au Japon et c'est pour cela qu'on ne s'est pas vraiment posé de question. Cependant, on pense qu'une musique comme la Jpop, qui n'est pas encore bien connue à l'étranger, pourrait attirer la curiosité du grand public. Dans cette continuité, on a participé à l'Anime Expo de Los Angeles et à d'autres événements internationaux comme Asian WAFA et JAPAN EXPO pour rencontrer des gens qu'on ne pourrait pas voir en restant au Japon.

Le lendemain, c'était au tour des artistes du concert PES NEXT GENERATION LIVE ! de rencontrer les media. Le compte rendu et les photos de cette conférence de presse sont aussi disponibles sur Orient-Extrême.


Compte rendu et photos par Eric Oudelet et Julie Carvalho (sauf photos créditées Getty Images)
Remerciements : JAPAN EXPO, TOYOTA et les autres media participants
Reproduction / réutilisation du compte rendu et / ou des photos strictement interdite.










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